27/10/2014

Nos politiques ont-ils déjà rencontré le peuple ?


France Inter: Service Public; émission du vendredi 24 octobre 2014.

"Vers l’âge de 25 ans, en 1900, Winston Churchill rencontra pour la première fois une créature étrange, un ouvrier. Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, Franklin Delano Roosevelt connaissait déjà beaucoup de palefreniers. Ces palefreniers s’occupaient des chevaux que Roosevelt montait quand il jouait au polo. ... Mais la classe politique française demeure encore très largement une classe bourgeoise, à quelques exceptions exceptionnelles. Voilà qui passe de plus en plus mal, le refus de l’entre soi est en train de devenir aussi massif que le refus des inégalités. 
Comment les politiques peuvent-ils gouverner un peuple qu’ils ne connaissent pas ? La question est nouvelle, car jadis on pouvait fort bien être né coiffé et défendre ceux qui portaient casquettes, autrement dit les ouvriers. Léon Blum est la plus parfaite incarnation de cette règle. 
A force de vouloir jouer la proximité, les politiques récoltent ce qu’ils ont semé : ils doivent non seulement représenter le peuple mais aussi en être représentatifs. Laurent Fabius doit manger des carottes râpées et Jacques Chirac aime la tête de veau. Mais si notre pays semble si mal gouverné, c’est peut-être parce que nos politiques se cooptent, se produisent et se reproduisent en circuit fermé ?

 C’est peut-être cela la sixième république que certains Français appellent de leur vœu. Une république ou l’on dirait non plus, comme à Rome, senatus populusque romanus, le sénat et le peuple, mais le sénat c’est le peuple." 

La Démocratie Agile est l'instrument du futur gouvernement par le peuple, qui ne peut pas être corrompu ou détourné. L'explosion de la classe politique appellée par Jacques Julliard est en fait une dissémination et une réappropriation.

24/09/2014

Votons pour des lois, pas pour des représentants.


 "Le problème, c'est notre démission du processus constituant."


...combien ont pensé à regarder d’un peu plus près la constitution de la cinquième république, celle que nous ne connaissons que si peu, voire pas du tout? Alors que c’est celle-ci qui fixe « les règles du jeu » dans le pays, celle-ci devant être respectée et appliquée quel que soit le contexte, sans possibilités de dérogation, quel que soit le parti ou les enjeux.
Chacun peut la consulter sur le site du conseil constitutionnel, et en voici quelques points qui méritent réflexion…
Drapeau français
  • Article 3: La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum.  Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.
  • Article 4: Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.
  • Article 5: Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités.
Notre président ainsi que les précédents se doivent de respecter la constitution, ainsi que le principe de souveraineté nationale. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités. Partant de ce principe, pouvons-nous réellement penser que l’Union Européenne est compatible avec la souveraineté du pays? Sachant que, pour reprendre les propos de Viviane Reding, les lois nationales des pays de l’Union Européenne sont décidées à 80% par Bruxelles, il ne nous reste donc théoriquement 20% de pouvoir décisionnel, en partant du principe que le parlement européen n’entrave pas les décisions politiques dans le pays en question.
N’avons-nous jamais été menacé de sanctions, financières ou autres, pour une décision qui ne convenait pas aux parlement ou aux lobbys qui sévissent là-bas?
Quand au bon fonctionnement des pouvoirs publics, entre les délocalisations des services, les endettements voulus des institutions avec des prêts parfois reconnus comme toxiques et illégaux, la mise en place de l’accord TISA et les privatisations à outrance, on se demande si la continuité à long terme est possible, du moins, de la manière dont nous l’avons connu…
Quand à l’indépendance nationale et à l’intégrité du territoire… Nous sommes dans l’Union Européenne, celle-ci ayant été créée pour finir avec la mise en place d’un accord de libre-échange dangereux en tout point. Le seul traité qui actuellement est respecté même s’il n’est pas encore totalement appliqué, c’est le traité transatlantique, cela le plus discrètement possible afin que les citoyens ne s’insurgent pas en masse contre celui-ci.
[extrait d'un article sur Les moutons enragés.fr]

19/04/2014

Willy Brandt: « Il faut corriger la démocratie en osant davantage de démocratie. »



« Les problèmes économiques de l’Europe sont dus au fait que les systèmes politiques de la périphérie méridionale ont été instaurés suite à la chute de dictatures, et sont restés marqués par cette expérience. Les Constitutions affichent une forte influence des idées socialistes, et en cela, elles reflètent la grande force politique atteinte par les partis de gauche après la défaite du fascisme, » poursuit la banque d’affaires.
Plus loin dans le même document, le propos se fait plus précis encore :
« Les systèmes politiques et constitutionnels des pays du Sud présentent le caractéristiques suivantes : des exécutifs faibles vis-à-vis des parlements, des gouvernements centraux faibles par rapport aux régions, la protection constitutionnelle des droits du travailleur, des techniques de construction du consensus fondées sur le clientélisme, le droit de protester si les changements sont indésirables. La crise a illustré les conséquences auxquelles ces caractéristiques peuvent amener. Les pays de la périphérie ont obtenu des succès seulement partiels sur le chemin des réformes économiques et fiscales, et nous avons vu que les exécutifs étaient limités dans leurs actions par les constitutions (Portugal), par les autorités locales (Espagne), et par le succès croissant des partis populistes (Italie et Grèce). »
En résumé, la banque JP Morgan nous dit ceci : libérez-vous au plus vite de vos constitutions antifascistes.
« L’idée d’un État où les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires appartiennent à des organes différents et que nous sommes tous égaux devant la loi commence a être mal vue par les classes dominantes en ce XXIe siècle. Ce sont surtout les Constitutions nées de la résistance qui sont mal vues. En particulier celles des pays du Sud de l’Europe : Italie, Grèce, Espagne, Portugal, » dénonce le juriste Franco Cordero.
Pour l’économiste Emiliano Brancaccio : « Plus le pouvoir du Parlement est grand, plus il est difficile de redimensionner l’État social. Une orientation inverse vise au contraire à redistribuer le revenu en favorisant le profit et les revenus, et certainement pas à une modernisation du pays. Dans la Constitution italienne comme dans toutes celles "antifascistes", existent des règles qui prévoient la protection de la propriété privée, laquelle peut être expropriée pour des raisons d’utilité publique. Les institutions financières ont souvent intérêt à réaliser des acquisitions de capitaux nationaux à l’étranger, et elles ont donc intérêt à garantir que la propriété du sujet étranger qui fait l’acquisition est totalement protégée. Avec ces Constitutions, le sujet étranger qui acquiert souvent à prix cassés les capitaux nationaux de pays en difficulté n’est pas totalement protégé, car il pourrait être exproprié. Derrière le mot magique "modernisation", souvent prononcé par JP Morgan, se cache donc la protection des intérêts de ceux qui voudraient venir faire leur shopping bon marché en Italie et dans les autres pays périphériques de l’Union européenne. »
L’ex-Chancellier allemand social-démocrate Willy Brandt a écrit : « Il faut corriger la démocratie en osant davantage de démocratie. »

auteur: Franco Fracassi 
extrait de l'article publié le 10 avril 2014 sur popoff.globalist.it
Traduction en français : IlFattoQuotidiano.fr
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Nous avons osé proposer les principes de la Démocratie Agile pour corriger la démocratie, pour permettre à chaque échelle de construire davantage de démocratie, comme remède ultime contre le fascisme.