Affichage des articles dont le libellé est français. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est français. Afficher tous les articles

01/03/2015

Eduquer à l'anarchie


Extrait de la traduction de l'article de Susana de Castro (*) commentant l'ouvrage de Michel Weber, Eduquer (à) l'anarchie (2008) :
"C’est dans ce contexte que Whitehead crée un nouveau cadre conceptuel en systématisant les éléments basiques de ce nouveau (dés-)ordre infini, qu’il appelle « avancée créatrice ». La caractéristique basique du réel est d’être processuel et événementiel. Les événements se produisent d’une façon imprévisible et possèdent une opacité phénoménique. Mais cet état processuel des phénomènes n’est pas complètement aléatoire, car il participe à l’avancée créatrice et donc à ses trois éléments ou foncteurs : « créativité »,« efficacité » et « vision ».

Si la métaphysique des événements et du processus nous mène à la conclusion de ce que tout est imprévisible, elle justifierait l’attitude conformiste typique de notre époque apathique. Telle n’est pas,toutefois, la conclusion de l’auteur.  
Précisément parce que nous vivons dans une époque où la créativité et le changement sont ontologiquement premiers, l’action politique se fait plus nécessaire encore. L’espace politique est l’espace de l’action : Whitehead rejoint ici Arendt. L’espace auquel nous échappons est celui de la contingence et de l’aléa des phénomènes, dans la mesure où nous nous dirigeons à l’aide de leurs conséquences. C’est sur le plan de la pensée conséquentialiste, propre à l’action et à la planification politique, que nous pouvons trouver notre réalisation totale. C’est ainsi qu’éduquer à l’anarchie est éduquer à la construction d’une société post-libérale, dans laquelle il y ait une reviviscence de la citoyenneté « sacerdotale » grecque. Le citoyen grec s’éduquait non pour cultiver ses intérêts exclusivement personnels, mais afin de pouvoir poser l’action bonne dans le contexte de la polis, dans le milieu des affaires publiques, où était en jeu le bien commun. 
Les valeurs partagées par tous grâce à la formation païdeutique commune, suscitaient dans l’esprit de l’homme grec le sentiment de coappartenance, essentiel pour la vie politique. Weber prétend qu’il est urgent que nous récupérerions ce sentiment communautaire et que c’est là la tâche de l’université nouvelle, pour une société post-libérale et vraiment démocratique : l’éducation à l’anarchie."

Nous retrouvons dans ces lignes toutes les raisons qui ont conduit au propositions du Manifeste pour un Développement Agile de la Démocratie trois ans après Weber. 

(*): La version originale de ce compte rendu a été publiée dans la Revista Redescrições—Revista on line do GT de Pragmatismo e Filosofia Norte-americana, Ano I, número 1, Brasil,2009: www.redescricoes.com.

19/04/2014

Willy Brandt: « Il faut corriger la démocratie en osant davantage de démocratie. »



« Les problèmes économiques de l’Europe sont dus au fait que les systèmes politiques de la périphérie méridionale ont été instaurés suite à la chute de dictatures, et sont restés marqués par cette expérience. Les Constitutions affichent une forte influence des idées socialistes, et en cela, elles reflètent la grande force politique atteinte par les partis de gauche après la défaite du fascisme, » poursuit la banque d’affaires.
Plus loin dans le même document, le propos se fait plus précis encore :
« Les systèmes politiques et constitutionnels des pays du Sud présentent le caractéristiques suivantes : des exécutifs faibles vis-à-vis des parlements, des gouvernements centraux faibles par rapport aux régions, la protection constitutionnelle des droits du travailleur, des techniques de construction du consensus fondées sur le clientélisme, le droit de protester si les changements sont indésirables. La crise a illustré les conséquences auxquelles ces caractéristiques peuvent amener. Les pays de la périphérie ont obtenu des succès seulement partiels sur le chemin des réformes économiques et fiscales, et nous avons vu que les exécutifs étaient limités dans leurs actions par les constitutions (Portugal), par les autorités locales (Espagne), et par le succès croissant des partis populistes (Italie et Grèce). »
En résumé, la banque JP Morgan nous dit ceci : libérez-vous au plus vite de vos constitutions antifascistes.
« L’idée d’un État où les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires appartiennent à des organes différents et que nous sommes tous égaux devant la loi commence a être mal vue par les classes dominantes en ce XXIe siècle. Ce sont surtout les Constitutions nées de la résistance qui sont mal vues. En particulier celles des pays du Sud de l’Europe : Italie, Grèce, Espagne, Portugal, » dénonce le juriste Franco Cordero.
Pour l’économiste Emiliano Brancaccio : « Plus le pouvoir du Parlement est grand, plus il est difficile de redimensionner l’État social. Une orientation inverse vise au contraire à redistribuer le revenu en favorisant le profit et les revenus, et certainement pas à une modernisation du pays. Dans la Constitution italienne comme dans toutes celles "antifascistes", existent des règles qui prévoient la protection de la propriété privée, laquelle peut être expropriée pour des raisons d’utilité publique. Les institutions financières ont souvent intérêt à réaliser des acquisitions de capitaux nationaux à l’étranger, et elles ont donc intérêt à garantir que la propriété du sujet étranger qui fait l’acquisition est totalement protégée. Avec ces Constitutions, le sujet étranger qui acquiert souvent à prix cassés les capitaux nationaux de pays en difficulté n’est pas totalement protégé, car il pourrait être exproprié. Derrière le mot magique "modernisation", souvent prononcé par JP Morgan, se cache donc la protection des intérêts de ceux qui voudraient venir faire leur shopping bon marché en Italie et dans les autres pays périphériques de l’Union européenne. »
L’ex-Chancellier allemand social-démocrate Willy Brandt a écrit : « Il faut corriger la démocratie en osant davantage de démocratie. »

auteur: Franco Fracassi 
extrait de l'article publié le 10 avril 2014 sur popoff.globalist.it
Traduction en français : IlFattoQuotidiano.fr
_______________________________________
Nous avons osé proposer les principes de la Démocratie Agile pour corriger la démocratie, pour permettre à chaque échelle de construire davantage de démocratie, comme remède ultime contre le fascisme.

07/04/2014

Combler le vide stratégique

Ecoutez cette interview sur Xerfi Canal de Philippe Baumard, Professeur des universités à Aix-Marseille Université et chercheur au sein de la chaire Innovation & Régulation des services numériques de l'École Polytechnique.


Pourrait-on imaginer titre plus explicite que celui de « vide stratégique » ? Assurément non. On doit donc être reconnaissant à Philippe Baumard, figure emblématique de la discipline de l’intelligence économique d’avoir aussi clairement mis les mots sur nos maux actuels.
 Ce serait donc l’incompétence des élites qui serait l’un des facteurs explicatifs déterminants de la crise que nous vivons depuis bientôt 7 ans… si ce n’est plus.

Une interview menée par Jean-Philippe Denis.

[MAJ 20/11/2016]
Très intéressant prolongement de ce livre, avec cette conférence du même auteur:http://www.xerfi-precepta-strategiques-tv.com/emission/Philippe-Baumard-Le-vide-strategique-et-l-incertitude-vitale_3022.html

16/03/2014

La démocratie Agile contre la pathologie du secret


Article d'Eric Alt (Vice-président d'Anticor, association de lutte contre la corruption ) publié dans Le Monde, 14/03/2014.

Un an après l'affaire Cahuzac, vingt ans après l'affaire Urba sur le financement du PS, tout se passe comme si rien n'avait changé. Les faits de corruption à droite révélés ces derniers jours s'ajoutent à de nombreux dossiers en cours. Ils n'ont de particulier que leur soudaine accumulation. Au-delà de l'arrogance, de l'hypocrisie ou du déni, des constantes peuvent être observées : l'insuffisance des règles sur le financement de la vie politique, le culte du secret, les attaques contre les magistrats.
Pour remédier à ces dérives, des lois ont été adoptées de 1988 à 2013. Pourtant, les échappatoires à cette législation restent nombreuses. Il suffit pour s'enconvaincre de lire les rapports de la Commission des comptes de campagne et du financement de la vie politique. Le nombre de partis enregistrés est à lui seul un indicateur d'alerte : ils étaient 402 au 30 juin 2013.
Autre constante : la pathologie du secret. Comme si le scandale n'était pas dans les infractions elles-mêmes, mais dans leur dévoilement. Des avocats s'indignent contre des intrusions de la justice dans leurs cabinets. Pourtant, la violation des règles de procédure relève des juridictions d'appel et de cassation, et les fautes déontologiques, des magistrats du Conseil supérieur de la magistrature. Les avocats n'ont pas besoin de se constituer en lobby pour convaincre de l'importance du secret des correspondances avec leurs clients. A trop en faire, ils risquent le discrédit, si les atteintes portées à ce secret, qui n'est pas absolu, sont justifiées.
Les affaires révèlent un secret de la défense nationale bien gardé, qui autorise nombre d'abus. La France est un des seuls pays de l'UE où un ministre décide discrétionnairement ce qui doit rester secret et ce qui peut être divulgué à la justice. La France est aussi le seul pays où le ministre du budget décide de la fraude fiscale qui sera poursuivie en justice. Le procureur financier est dépendant en ce domaine. Cela entachera de soupçon le traitement du volet fiscal de ses dossiers.
Le secret des paradis fiscaux et judiciaires facilite la corruption. Mais la société Bygmalion n'a pas le monopole des montages financiers alambiqués et de l'usage de places financières opaques. Chaque année, 60 à 80 milliards échappent à l'impôt en France pour être placés dans ces territoires. Les leçons du rapport parlementaire de MM. Boquet et Dupont-Aignan comme des études de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur l'érosion fiscale tardent à être tirées. Enfin, les attaques contre la justice sont récurrentes. Un ministre a qualifié une perquisition dans l'affaire Urba de « cambriolage judiciaire ». Un ancien conseiller de M. Sarkozy a estimé que le juge qui avait mis en examen l'ancien président avait « déshonoré la justice ». Le soupçon d'instrumentalisation partisane est fréquent dans ce type de dossiers.

DES CITADELLES D'IMPUNITÉ
Certes, la ministre de la justice n'entrave plus les enquêtes, ayant mis fin aux pratiques d'intervention de ces dix dernières années. Cela peut expliquer en partie l'accumulation d'affaires. Une certaine oligarchie avait profité de l'affaiblissement de la justice pour construire des citadelles d'impunité, aujourd'hui attaquées. Des juges d'instruction et des procureurs sont mis en cause. Mais l'enlisement de la réforme constitutionnelle, qui devait améliorer le statut du parquet, n'honore pas la classe politique. Sans garantie en matière de nomination et de discipline des procureurs, le soupçon persistera. Dans les dossiers sensibles, le ministère de la justice demande toujours aux parquets des informations diligentes. L'opposition peut s'interroger sur l'usage qui en est fait.
La crise rend plus obscène l'esprit de corruption. En Espagne, en Italie, en Grèce, l'exaspération face au délitement de la probité publique a été à l'origine de manifestations. Il ne faut pas sous-estimer la part de cette exaspération dans les événements d'Ukraine. L'Eurobaromètre sur la corruption, paru en février, révèle une société de défiance : 51 % des Français pensent que la corruption a augmenté ces trois dernières années, 68 % qu'elle est répandue dans le pays, 70 % que les partis sont corrompus.
Une nouvelle donne s'impose pour que le citoyen se sente à nouveau représenté par ceux qu'il élit. Dans une Ve République crépusculaire, la démocratie et la justice du XXIe siècle restent à construire. La Déclaration des droits de l'homme de 1789 affirme que « l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements ». Les droits qu'elle proclame sont autant de remèdes aux pathologies de la démocratie : égalité devant la loi et devant l'impôt, séparation des pouvoirs, droit de demander compte de leur administration aux agents publics. A nous, citoyens, de revenir à ces fondamentaux pour combler le gouffre entre les principes et leur application.

Et je complète:
Le meilleur moyen de contrôle démocratique pour combler le gouffre entre les principes et leur application est que les lois ne soient rédigées que par les citoyens assemblés suivant les principes de la Démocratie Agile. L'insuffisance des règles sur le financement de la vie politique, le culte du secret, seront alors pris à rebourd, balayés par la transparence.
La Démocratie Agile, c'est la démocratie et la justice pour l'esprit européen du XXIème siècle.

02/03/2014

La dérive néo-conservatrice de la politique française

2013 aura vu le virage néo-conservateur du gouvernement Hollande, sur les deux axes classiques de pénétration de cette idéologie insidieusement amenée par un parti de "gauche": la politique intérieure, et la politique extérieure. Celle-ci fait désormais la quasi-unanimité au Parlement, et constitue un renforcement des tendances néolibérales déjà à l'oeuvre en 2012.

Il s'est passé exactement le même processus au sein des élites politiques américaines au moins depuis le début des années 1950, ce qui a entraîné une irréversible érosion de la réalité démocratique, c'est à dire du gouvernement dans l'intérêt du peuple.

Une idéologie ne vit que pour son expansion, précédant et accompagnant l'expansion impérialiste. Il est inévitable qu'elle se soit exportée dans tous les pays alliés des Etats-Unis (c'est à dire depuis 1945: des pays vassaux si on excepte la période gaulliste en France). Et c'est pour cela que les pratiques anti-démocratiques, anti-constitutionnelles sont copiées ou même partagées entre ces pays. Nous voulons ici parler notamment des systèmes de surveillance de la population, des collaborations entre plusieurs services de surveillance des pays membres de l'UE avec la NSA, et très logiquement des très faibles protestations des gouvernements de l'UE envers les USA sur ses pratiques d'espionnage contre les populations européennes.

Le camp dit occidental ne se limite pas à l'OTAN et aux partis de droite, il trouve ses limites dans la contamination des esprits et l'auto-sélection endogame des décideurs, quelle que soit la couleur du parti. Démocrates ou républicains, PS ou UMP, c'est désormais un jeu de dupes pour des électeurs dans un système politique de représentation poussé à son extrême: le simulacre.

Qu'on en juge sur les actes récents du gouvernement Ayrault, du Président Hollande et du Parlement :
- par la poursuite des sanctions contre l'Iran ;

- par l'absence de droit d'asile accordé à Edward Snowden ; Ce dernier nous a explicitement rappelé "qu'aucun Etat n’a de fondement légal pour limiter ce droit d’asile ou s’en mêler. Cependant, comme nous l’avons vu, certains gouvernements d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord ont montré qu’ils étaient disposés à agir hors de tout cadre légal, et ce comportement persiste aujourd’hui."

- par l'interdiction sans précédent de survol de la France obligeant l'avion du Président Morales a atterrir puis à être fouillé à Vienne, qui a jeté un profond discrédit sur la parole du président François Hollande ;

- par la publication officielle d'un rapport mensonger servant à crédibiliser l'intervention armée de la France contre la Syrie, c'est à dire visant à tromper le peuple français ;

- avec l'adoption de l'article 20 de la loi de programmation militaire similaire à ce qu'autorise l'interprétation - jusqu'à il y a peu: secrète - de la section 215 du Patriot Act ;

- avec l'organisation par le Parlement de l'absence de renvoi de cette loi devant le Conseil Constitutionnel ;
Il ne faut voir ici qu'une manoeuvre de plus  par nos propres législateurs pour éroder le Droit français et la protection des citoyens. Comme l'a expliqué Edward Snowden en témoignant devant le Parlement Européen :
"these [western] countries received instruction from the NSA, sometimes under the guise of the US Department of Defense and other bodies, on how to degrade the legal protections of their countries' communications. The ultimate result of the NSA's guidance is that the right of ordinary citizens to be free from unwarranted interference is degraded, and systems of intrusive mass surveillance are being constructed in secret within otherwise liberal states, often without the full awareness of the public." 
- avec le voyage d'allégeance de Hollande chez son suzerain américain et son refus de l'invitation de Poutine à la cérémonie d'ouverture des J.O. (c'est exactement comme si il avait répondu: "je peux pas j'ai piscine"), et sa perte cette fois totale de crédibilité par la minimisation de l'oppression de la NSA sur la liberté des peuples européens ; 

- par le coup d'Etat fomenté par des partis néo-nazis ukrainiens soutenus par les USA et par l'UE qui a reconnu immédiatement le "gouvernement de transition" mais qui tarde énormément à soutenir l'annonce d'une enquète internationale pour l'affaire "Sniper Gate". Rappelons que la mort de ces personnes a été utilisée pour précipiter la prise du pouvoir à Kiev ; 

Les alternatives restantes pour le peuple français face à ce système de tromperie sont donc:
- soit une montée forte des partis aux extrêmes de la représentation politique, avec le risque historique d'une perçée de l'extrême-droite dans une logique de dérive ukrainienne ; c'est sans nul doute le but ultime des néo-conservateurs américains qui sont habitués depuis les années 30 à soutenir ce type de régime, qui in fine agissent contre leurs propres citoyens ;
- soit un recours aux principes proposés pour la Démocratie Agile.

L'essence de l'idéologie néo-conservatrice est d'être anti-démocratique, c'est-à-dire contre la liberté des citoyens. Elle utilise le hacking politique rendu possible par le système de représentation. La Démocratie Agile est son exact contraire. En termes de pharmacologie, c'est même un antidote souverain contre toutes les dérives et les engrenages totalitaristes qui suivent inévitablement l'instauration des régimes politiques d'idéologie extrêmes.

14/01/2014

Le peuple assemblé


"... la défiance à l’égard du politique (et non pas de LA politique) n’a jamais été aussi forte avec 87 % des personnes interrogées jugeant que les responsables politiques ne se préoccupent peu ou pas du tout de leur avis (+ 6 points);

la figure du maire se redresse depuis 2010, inspirant majoritairement confiance (61 %); 

mais, et c’est le plus grave pour la cohésion sociale et les élections à venir, les Français estimaient en 2009 à 50 % que la démocratie fonctionnait. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 30 %; 

quand 69 % - en hausse de 21 points - jugent que la démocratie ne fonctionne plus."

Source: Les Echos

Bien davantage qu'une autre politique, ce sondage montre que les Français recherchent confusément une autre façon de se gouverner, une autre façon de créer entre eux et pour eux un liant démocratique. 
Le malaise provient du fait c'est seuls un nombre infime d'élus ont compris que c'était leur devoir de les aider dans ce nouveau sens, dans la redéfinition de leur propre rôle d'acteur politique.
C'est ce malaise croissant qu'exploitent à bon compte les politiciens et démagogues. 

C'est ce qui justifie notre engagement pour l'esprit du peuple assemblé.

03/01/2014

Démocratie : histoire d'un malentendu

Pour Francis Dupuis-Déri (dont nous avions mentionné la notion d'agoraphobie politique dans cet article récent de Conscience Sociale), la démocratie n'est pas celle que l'on croit et son histoire est encore plus méconnue. Détestée et ridiculisée pendant des siècles par les élites, la démocratie était vue comme le pire des régimes pendant des générations en Occident. Dans son livre "Démocratie. Histoire politique d'un mot" (Lux éditeur, 2013), le professeur au Département de science politique de l'UQAM conclut avec fracas : le Canada n'est pas une démocratie et ne l'a jamais été.

Il nous résume sa recherche historique dans cet entretien:


On pourra tracer un parallèle à partir de l'origine de la pensée qui m'a conduit à publier le Manifeste pour le Développement Agile de la Démocratie fin 2011.

Et on écoutera aussi cette interview de Chouard et le débat avec Rocard exactement sur ce thème.

28/11/2013

Externalisation ouverte de l'élaboration des lois: la Démocratie Agile a percé en 2013

La Démocratie Agile a fait ses premiers pas en Europe cette année. Elle ne dit pas son nom, mais vous reconnaîtrez sans peine ses caractéristiques, ainsi que les limites des initiatives présentées en vous servant du Manifeste pour le Développement Agile de la Démocratie comme repère. 

Voici une sélection des initiatives présentées fin Novembre 2013 dans le cadre du Forum Mondial de la Démocratie à Strasbourg.

Commençons par deux modèles d'utilisation du "crowdsourcing" (externalisation ouverte) dans le cadre de l'élaboration des lois en Finlande.
 

Sur la plateforme d'Open Ministry, les citoyens proposent des pétitions en ligne. En vertu de la loi sur les initiatives citoyennes, les pétitions qui recueillent 50 000 signatures dans un délai de six mois doivent être examinées au Parlement. Outre la collecte de signatures, Open Ministry rédige les projets de loi issus des pétitions avec l'assistance de juristes et d'autres experts bénévoles.
http://www.avoinministerio.fi/

Dans un autre modèle finlandais, l'externalisation ouverte, utilisée dans le cadre du processus législatif, vise à recenser les problèmes soulevés par une loi et à leur trouver des solutions. Cette méthode de résolution des problèmes a été appliquée pour l'élaboration de la loi sur la circulation hors des voies aménagées par le biais d'une plateforme en ligne comportant des éléments ludiques tels que la possibilité de gagner des points et des badges. Il s'agit d'un projet pilote du ministère finlandais de l'Environnement et de la commission pour l'avenir du Parlement finlandais.
http://www.suomijoukkoistaa.fi/


Signalons aussi Parlement & Citoyens, une plateforme en ligne depuis février 2013 pour construire collaborativement des lois avec les élus, et qui a retenue notre attention. Parlement & Citoyens permet à chacun de participer à l’élaboration de propositions de lois de députés et sénateurs qui sont inscrits sur la plateforme.


Le forum Mondial propose aussi un panel sur les alternatives à la démocratie représentative. Une session est ainsi consacrée au concept de "démocratie liquide" concrétisé par le Parti Pirate.

L'objectif de la démocratie liquide est d'introduire de nouvelles formes de participation sur la scène politique. Le parti pirate allemand tente, par différentes applications concrètes du concept de démocratie liquide, d'explorer les possibilités offertes par les débats et processus de décision politiques sur internet. Ces expériences ne se déroulent pas seulement à l'intérieur de l'organisation, mais s'efforcent aussi d'associer la société civile et les institutions régionales. Elles ont pour caractéristiques essentielles d'intégrer les concepts de démocratie directe et de démocratie représentative, auparavant considérés comme opposés, et de mettre les participants en relation sur les réseaux sociaux.
https://www.piratenpartei.de/

On pourra également porter attention aux sessions suivantes, qui illustrent des étapes plus particulières du processus de la Démocratie Agile :
Puzzled by Policy - BPB (« surpris par la politique ») a pour objectif de renforcer les voix des citoyens au travers d'une plateforme accueillante de participation électronique pour faire connaître et discuter des questions politiques importantes telles que l'immigration – un domaine qui touche souvent des groupes difficilement joignables et socialement exclus de la société, et qui pourtant incluent rarement leurs voix. BPB associe des moyens en ligne innovants et interactifs pour impliquer des citoyens dans les processus d'immigration et de prises de décisions politiques. Un profileur dans le domaine de l'immigration aide les utilisateurs à en savoir davantage sur les questions d'immigration et les situe par rapport à d'autres utilisateurs. Le Profileur peut être hébergé sur n'importe quel site web/blog/média social. Il y a également un forum de discussion qui permet la délibération de citoyens. Des résumés de la participation sont transmis à des décideurs politiques compétents, qui à leur tour apportent leurs avis, augmentant l'influence des citoyens dans la prise de décision. 
http://www.puzzledbypolicy.eu/
Loomio est une plateforme en ligne pour la gouvernance communautaire et la prise de décision participative, conçue par une coopérative sociale de Wellington. En Nouvelle-Zélande, Loomio travaille en étroite liaison avec les collectivités locales, servant ainsi d'outil pour une collaboration citoyenne de grande ampleur avec le conseil municipal de Wellington.
https://www.loomio.org/
Tavaana est un institut pionnier en Iran dans le domaine de l'enseignement électronique pour la société civile. Tavaana – qui signifie «pouvoir » ou « capable » en persan – a été lancé en 2010 avec pour mission de soutenir la citoyenneté active et le leadership civique en Iran au moyen d'une plateforme de programme d'éducation civique et de renforcement des capacités de la société civile. Tavaana associe les mondes du direct, de l'apprentissage électronique interactif à des programmes généraux d'information pour la démocratie. Tavaana a formé avec succès 1800 Iraniens dans des salles de classe virtuelles en direct sur des sujets allant de la sécurité numérique à la guérison des traumatismes, aux droits des femmes, et a diffusé des ressources pédagogiques, y compris des livres et manuels électroniques, des traductions, des vidéos et podcasts et des études de cas, à des milliers d'autres. La programmation de la télévision de Tavaana touche plus de neuf millions d'Iraniens chaque semaine.
http://tavaana.org/en/

Et en conclusion:
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, Article VI :
"La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation".

18/10/2013

Comment résoudre l'instrumentalisation du pouvoir


Les actuels Conseils de développement sont des instances de démocratie participative uniques en leur genre. Ces assemblées, constituées de membres bénévoles représentant la société civile du territoire avec une recherche de diversité, sont créées par les communautés urbaines, d’agglomération et de pays en tant qu’instances de consultation et de proposition sur les orientations majeures des politiques publiques locales. Elles engagent leurs travaux sur saisine de la collectivité territoriale ou par autosaisine. 

Un président et souvent une équipe d’animation concourent à l’organisation des travaux du Conseil.

Forces de proposition, attachés à la construction collective par le débat, les Conseils de développement s’efforcent d’apporter une expertise citoyenne dans le contenu des politiques locales.

Le fonctionnement des Conseils de développement est très divers d’une structure à l’autre. La loi créant les Conseils de développement (loi Voynet de 1999) légitime les conseils de développement mais laisse leur laisse la possibilité de s’organiser librement. 

C’est donc en s’appuyant sur le dynamisme et les capacités de dialogue de chaque Conseil que se définit l’organisation concrète de leur travail et les relations qu’ils établissent, d'une part, avec les responsables de communautés urbaines, d’agglomération et de pays, et d'autre part, avec le territoire et la population.

Ces Conseils de développement sont compatibles avec le Manifeste pour le Développement Agile de la Démocratie. Ils devraient même pouvoir opérer en tant qu’instances de consultation et de proposition sur les orientations majeures des politiques publiques nationales et européennes, et pas seulement locales. Il n'y a pas besoin de nouvelles lois pour cela.

Si on veut faire un petit pas de plus pour pouvoir aller immensément plus loin, il faudrait proposer que ce soit le seul canal légal à même de proposer au vote par les Parlements des nouvelles politiques publiques. Pour arriver là il faudrait alors en passer par de nouvelles lois. Mais seule cette forme de démocratie Agile permet de résoudre collectivement et définitivement le problème énoncé en particulier par Robert F. Kennedy : "The problem of power is how to achieve its responsible use rather than its irresponsible and indulgent use — of how to get men of power to live for the public rather than off the public." (The Pursuit of Justice, 1964)

21/07/2013

Sur l'autorité et la discipline qu'exige le gouvernement de soi

"C'est le propre du privilège et de toute position privilégiée que de tuer l'esprit et le coeur des hommes. L'homme privilégié soit politiquement, soit économiquement, est un homme intellectuellement et moralement dépravé. Voilà une loi sociale qui n'admet aucune exception, et qui s'applique aussi bien à des nations tout entières qu'aux classes, aux compagnies et aux individus. C'est la loi de l'égalité, condition suprême de la liberté et de l'humanité. [...]
Un corps scientifique auquel on aurait confié le gouvernement de la société finirait bientôt par ne plus s'occuper du tout de science, mais d'une tout autre affaire; et cette affaire, l'affaire de tous les pouvoirs établis, serait de s'éterniser en rendant la société confiée à ses soins toujours plus stupide et par conséquent plus nécessiteuse de son gouvernement et de sa direction.
Mais ce qui est vrai pour les académies scientifiques l'est également pour toutes les assemblées constituantes et législatives, lors même qu'elles sont issues du suffrage universel. Ce dernier peut en renouveler la composition, il est vrai, ce qui n'empêche pas qu'il ne se forme en quelques années un corps de politiciens, privilégiés de fait, non de droit, qui, en se vouant exclusivement à la direction des affaires publiques d'un pays, finissent par former une sorte d'aristocratie ou d'oligarchie politique. Voir les États-Unis d'Amérique [...]. Ainsi, point de législation extérieure et point d'autorité, l'une étant d'ailleurs inséparable de l'autre, et toutes les deux tendant à l'asservissement de la société et à l'abrutissement des législateurs eux-mêmes.
S'ensuit-il que je repousse toute autorité? Loin de moi cette pensée. Lorsqu'il s'agit de bottes, j'en réfère à l'autorité du cordonnier; s'il s'agit d'une maison, d'un canal ou d'un chemin de fer, je consulte celle de l'architecte ou de l'ingénieur. Pour telle science spéciale, je m'adresse à tel savant. Mais je ne m'en laisse imposer ni par le cordonnier, ni par l'architecte, ni par le savant. Je les écoute librement et avec tout le respect que méritent leur intelligence, leur caractère, leur savoir, en réservant toutefois mon droit incontestable de critique et de contrôle. Je ne me contente pas de consulter une seule autorité spécialiste, j'en consulte plusieurs; je compare leurs opinions, et je choisis celle qui me paraît la plus juste. Mais je ne reconnais point d'autorité infaillible, même dans les questions toutes spéciales; par conséquent, quelque respect que je puisse avoir pour l'honnêteté et pour la sincérité de tel ou de tel autre individu, je n'ai de foi absolue en personne. Une telle foi serait fatale à ma raison, à ma liberté et au succès même de mes entreprises; elle me transformerait immédiatement en un esclave stupide et en un instrument de la volonté et des intérêts d'autrui.
Si je m'incline devant l'autorité des spécialistes et si je me déclare prêt à en suivre, dans une certaine mesure et pendant tout le temps que cela me paraît nécessaire, les indications et même la direction, c'est parce que cette autorité ne m'est imposée par personne, ni par les hommes ni par Dieu. Autrement je les repousserais avec horreur et j'enverrais au diable leurs conseils, leur direction et leur science, certain qu'ils me feraient payer par la perte de ma liberté et de ma dignité humaines les bribes de vérité, enveloppées de beaucoup de mensonges, qu'ils pourraient me donner.
Je m'incline devant l'autorité des hommes spéciaux parce qu'elle m'est imposée par ma propre raison. J'ai conscience de ne pouvoir embrasser dans tous ses détails et ses développements positifs qu'une très petite partie de la science humaine. La plus grande intelligence ne suffirait pas pour embrasser le tout. D'où résulte, pour la science aussi bien que pour l'industrie, la nécessité de la division et de l'association du travail. Je reçois et je donne, telle est la vie humaine. Chacun est autorité dirigeante et chacun est dirigé à son tour. Donc il n'y a point d'autorité fixe et constante mais un échange continu d'autorité et de subordination mutuelles, passagères et surtout volontaires."
Mikhaïl Aleksandrovitch Bakunin (1814 - 1876); extrait de Dieu et l'état, rédigé en 1871. La source ne précise pas la version exacte de la publication utilisée.

La mise en application des principes du Manifeste pour le Développement Agile de la Démocratie (MDAD) permettrent d'éviter chacun des écueils repérés par Bakounine.

17/12/2012

Pour garantir notre liberté

 Samuel Huntington — le père du concept du Choc des Civilisations — a écrit dans le rapport n°8 de la Commission Trilatérale intitulé The crisis of democracy, et présenté à Kyoto en mai 1975 : 
« Plus un système est démocratique, et plus il est exposé à des menaces intrinsèques (...). 


Le fonctionnement effectif du système politique démocratique requiert habituellement une certaine mesure d’apathie et de non-participation de quelques individus et groupes. Dans le passé, chaque société démocratique a une population marginale, numériquement plus ou moins importante, qui n’a pas activement participé à la vie politique. En elle-même, cette marginalisation de certains groupes est anti-démocratique par nature, mais elle a été aussi l’un des facteurs qui ont permis à la démocratie de fonctionner effectivement. Des groupes sociaux marginaux, les Noirs par exemple, participent maintenant pleinement au système politique. Et le danger demeure de surcharger le système politique d’exigences qui étendent ses fonctions et sapent son autorité. 

La vulnérabilité du gouvernement démocratique aux Etats Unis ne provient donc pas seulement de menaces extérieures, bien que celles-ci soient réelles, ni d’une subversion interne de droite ou de gauche, bien que ces deux risques puissent exister, mais plutôt de la dynamique interne de la démocratie elle-même dans une société hautement scolarisée, mobilisée et participante. (...) 
Nous en sommes arrivés à reconnaître qu’il y a des limites potentiellement désirables à la croissance économique. Il y a aussi des limites potentiellement désirables à l’extension indéfinie de la démocratie politique.»

La Démocratie Agile autorise un dépassement positif des limites de la démocratie représentative traditionnelle. Elle évite à une société de se retrouver prise au piège de telles visées fallacieuses pour des élites apeurées par leurs concitoyens, qui ne sont que l'expression d'une dictature rampante. 

Alors que pour Huntington, et ceux qui l'ont suivi, le développement programmé de l'anti-démocratie ("a more balanced existence") constitue la saignée imposée pour soi-disant prolonger la vie de la démocratie vieillissante, je pense que la Démocratie Agile représente le renouveau de la démocratie.


La saignée était déjà connue des grecs, et ils ont aussi inventé la démocratie comme système politique garantissant leur liberté. Qui peut comprendre combien ces idées animèrent les hoplites, citoyens-soldats, et furent le roc sur lequel se brisèrent les Perses, premier empire du monde, lors des Guerres Médiques ?
Ce n'est pas un hasard si ces guerres ont commencé à Milet, qui fut un siècle auparant la plus importante ville où fut inventée la philosophie occidentale.

Aujourd'hui nous devons arrêter les saignées et réinventer la démocratie comme nous avons inventé la médecine moderne, ou plutôt la faire renaitre. L'enjeu reste le même depuis 2500 ans : un système politique pour garantir notre liberté, parce que cette idée fondamentale ne nous quittera jamais.

Et parce que nous ne partageons pas la perspective de "modernisation de la démocratie" de Huntington, qui le conduit tout droit sur la route de la Tyrannie :



25/05/2012

Agile Démocratie @ Scrum Night

 La dernière conférence ouverte Scrum Night organisée par le Scrum User Group France a inauguré un moyen transparent de sélection des sujets.
J'avais proposé une session expérimentale sur la Démocratie Agile, puisque l'audience est constituée de praticiens souvent confirmés de l'Agile (en développement informatique).

La session a été retenue suite aux votes et j'ai pu présenter ce sujet très innovant dans les locaux de Google France, qui nous a accueillis.  
Les échanges ont été denses et riches durant 1h40 :) et l'iniative du #MDAD a déclanché un intérêt certain. Des graines sont semées, c'était mon objectif premier. Merci à tous les participants et aux organisateurs !

L'orientation sur l'engagement citoyen (et non pas sectoriel) des informaticiens était un grand sujet de questionnement de ma part. Mais j'ai trouvé une excellente introduction pour établir un lien concret et direct entre vie professionnelle des informaticiens et nécessité de la démocratie agile. Cela concerne l'inshoring et j'écrirai un billet bientôt la dessus.

10/12/2011

Manifeste pour le Développement Agile de la Démocratie


"Nous découvrons constamment comment améliorer ou développer la démocratie par la pratique citoyenne et en aidant les autres dans cette pratique.

Cet engagement citoyen nous a amené à apprécier ces valeurs :
  • Les individus et leurs débats davantage que les representations électorales traditionnelles et les institutions. 
  • L'exercice de la citoyenneté et une démocratie réelle davantage que des lois et règlements exhaustifs. 
  • La collaboration avec les citoyens davantage que la négociation d'un mandat electoral sur la base des promesses d'un programme politique. 
  • L’adaptation et l'anticipation politique davantage que le suivi d’un programme politique. 
Autrement dit, bien qu'il y ait de la valeur dans les secondes propositions de chaque phrase, nous apprécions davantage les premieres."

06/12/2011

Magazine d'Anticipation Politique n4 : Anticiper, c'est prévoir pour agir

Parce que la prise de parole est un acte politique, et parce que l'initiative citoyenne du Magazine d'Anticipation Politique répond de manière innovante et appropriée aux enjeux de notre temps, il faut vraiment s'intéresser au nouveau numéro 4 de MAP, disponible en libre téléchargement.

Sommaire :

EDITO - Anticiper, c’est prévoir pour agir (p.2)

GOUVERNANCE MONDIALE - Conseils aux leaders du G20 : les trois priorités stratégiques du G20 en 2012/2014 pour éviter une “décennie tragique” (p.4)

NOUVELLE GOUVERNANCE Européenne - Vers un référendum transeuropéen sur les questions de nouvelle gouvernance ? (p.9)

MODE D'EMPLOI - L’évaluation de l’anticipation (p.12)

ANTICIPATION - Le “Jour d’Après” (les élections présidentielles US en 2012) (p.14)

SOCIOLOGIES - 2012 : Emergence de la gouvernance maternelle (p.20)

FUTURHEBO - We need you ! (p.26)

FICTION - Isaac Asimov: Fondation et Psychohistoire (p.28)
L'anticipation politique sur la question de la gouvernance démocratique de l'Euroland est un sujet particulièrement crucial pour tous les citoyens européens qui se préoccupent des garanties sur leur avenir.

13/07/2011

Les jeunes Européens : une génération en quête d’un destin collectif entre héroïsme et accablement [Partie 2]



 Cet article vous concerne, vous et vos (futurs) enfants !


"Notre anticipation du champ social européen d'ici 2030 se base sur l’extrapolation des tendances visibles et déjà à l’œuvre. Celles-ci sont pour nous résumées dans des caractéristiques particulièrement marquées au sein des générations montantes, et qui ont éclos en réaction aux pratiques courantes actuelles perçues comme des impasses. La disparition naturelle des générations antérieures de la vie économique et électorale va faire progressivement émerger ces tendances comme étant dominantes d’ici 2030. Résister aujourd’hui contre leur montée semble vain au regard de l’histoire, et n’amène qu’à des passages intergénérationnels retardés mais plus violents, où les révolutions sont là pour rattraper le temps perdu de la progression des nouvelles valeurs sociales. "

C’est sur ce sujet que je suis intervenu lors de l’une des tables rondes du Congrès citoyen "Six réformes clés pour une gouvernance démocratique de l'Euroland" les 2 et 3 juillet à Paris. Vous pouvez lire la suite de l'article dans le Magazine d'Anticipation Politique Eté 2011, numéro spécial "Européens Décennie 2020-2030 : Bienvenue dans le monde d’après… les babyboomers !" qui vient paraître !  Il suffit de télécharger le PDF disponible simultanément en 4 languesfrançaisanglais, allemand, espagnolsous licence Creative Commons. 

Enfin des analyses pour éclairer sans langue de bois ni rêverie technophile le monde d'après demain et celui de nos enfants ! Faites-le lire autour de vous car cela nous concerne tous !
Ce numéro spécial du MAP est un grand pavé dans la mare de la politique traditionnelle dédaignée par un nombre immense de citoyens, et de manière croissante par les jeunes générations. Ce numéro parle de nous tous, de notre futur, de ce que vous en ferez ou de ce que vous pouvez en faire dès aujourd'hui, en s'appuyant uniquement sur des données très concrètes notamment fournies par Fondapol.org. Le temps est venu de dépasser les discours sempiternels des partis traditionnels et de se réapproprier notre futur. Parce que si vous ne faites pas l'effort de penser, quelqu'un pensera toujours à votre place, et trop souvent à votre détriment. 
Les jeunes générations Indignées n'ont pas envie de s'assoupir, elles devront comprendre quels sont les vrais choix à faire et quel est le futur qui les attend. Et il n'est pas obligatoirement aussi sombre qu'on pourrait le craindre, comme l'explique ce numéro, pour peu que ces générations exercent leur conscience collective !

27/06/2011

Les jeunes Européens : une génération en quête d’un destin collectif entre héroïsme et accablement [Partie 1]

 Les jeunes Européens supportent en première ligne des conséquences de la crise systématique globale.[1] Suivant l’exemple du Printemps Arabe, ils manifestent spontanément en masse avec des revendications similaires, au moment où l’avenir promis leur apparaît insupportable.[2] L’analyse des forces de changement au sein de cette génération particulière nous conduit à les placer comme pivot dans l’anticipation d’ici 2030 des profondes évolutions sociales à l'échelle européenne. Si cette mutation est certaine, la dérive extrémiste reste possible à la place de la refondation sociale. C’est un destin collectif que cette génération va se forger, et dont une des clés réside dans la rapidité du partage du pouvoir avec la génération des baby-boomers.

Lire la suite de cet article que j'ai publié sur Conscience Sociale.

C’est sur ce sujet que j’interviendrai lors de l’une des tables rondes du Congrès citoyen "Six réformes clés pour une gouvernance démocratique de l'Euroland" les 2 et 3 juillet prochain à Paris. Vous en retrouverez une synthèse dans la deuxième partie de l’article qui sera publiée les jours suivants.



[1] " Le taux de chômage des jeunes a augmenté de 6 points dans les pays de l'OCDE (2,5 fois plus que l'ensemble des actifs), effaçant l'amélioration des dix années précédentes " (Centre d’Analyse Stratégique, 05/2011). Voir aussi la Carte interactive.
[2] "Il y a un désir mimétique du printemps arabe chez les jeunes européens" (Libération, 05/2011) ; "A Madrid, les jeunes réinventent les principes libertaires" (Rue89.com, 05/2011). La "Jeunesse sans futur" scande "Sans maison, sans boulot, sans retraite, sans peur !"

24/06/2011

Tables rondes : Six réformes clé pour une gouvernance démocratique de l'Euroland


 Après le succès électoral des „Vrais Finlandais“, les disputes autour des réfugiés d'Afrique du Nord, la remise en cause de „Schengen“ par le gouvernement danois, les manifestions violentes en Grèce, le soulèvement de la jeunesse en Espagne et les rouspétances croissantes sur l'Euro: même les plus obtus s'aperçoivent maintenant que l'œuvre du siècle qu'est l'intégration européenne a toutes les chances de s'effondrer si les «vrais Européens» - qui doivent également être de «vrais démocrates» - ne prennent pas enfin le taureau par les cornes.
L'UE, ou du moins sa partie la plus intégrée qu'est l'Euroland, a besoin aujourd'hui d'esprit critique, de courage et d'énergie, de l'engagement politique et une réelle prise en main du pouvoir de la part de ses
citoyens. 
Le changement ne peut venir que des Européens eux-mêmes qui reconnaissent que l'Euroland est leur chance dans le monde moderne et qui pour cela revendiquent avec fermeté leur engagement politique au
niveau européen. L'Euroland n'a aucun avenir si ses citoyens ne sont pas partie prenante à l'invention de leur futur.
Ces citoyens, les jeunes, sont déjà dans les rues en Espagne, Portugal, Irlande, Grèce, Allemagne, France, Italie... et réclament une vraie démocratie pour l'Euroland, le droit de défendre leurs droits, leurs
valeurs et par dessus tout leur futur totalement ruiné par les mesures qui sont décidées par la crise et le manque de vision des dirigeants européens. Jeunes et plus âgés doivent travailler ensemble et mettre en
œuvre les instruments pour un Euroland vraiment démocratique qui peut garantir un avenir meilleur pour les uns tout en respectant les aspirations que pouvaient avoir les autres. C'est pour cela que nous appelons à la
définition d'un pacte trans-générationnel de l'Euroland, ou nous risquons de voir s'élargir non seulement le fossé entre citoyens et institutions mais en mode accéléré celui entre les générations.

Six tables rondes structurent le débat dans le quel chacun est invité à contribuer et développer les propositions nouvelles et innovantes pour réformer le futur d'une gouvernance démocratique de l'Euroland. Les principaux sujets seront introduits par des intervenants qui guideront les débats ouverts avec le public. Les débats seront retransmis par vidéo conférence pour pouvoir permettre à plus de 300 millions de citoyens de se saisir enfin de questions qui les concernent tous.

Nous partageons la même monnaie, la même crise, la même austérité, alors joignez vous et partagez vos visions et vos valeurs: une vraie démocratie, un pacte intergénérationnel, Schengen, immigration, l'après Fukushima, la crise globale et les relations internationales, rationalisation, compréhension et contrôle... Soyez l'un des participants pour définir la future gouvernance démocratique de l'Euroland à Paris les 2 & 3 Juillet 2011.

Je participe à la table ronde du thème 2 "Crise socio-économique et Euroland : vers la définition de deux nouveaux pactes socio-économiques entre les générations et entre les états-membres"