14/07/2015

Contre l'autocratisme de l'UE


Conclusion de ma discussion politique du 14 Juillet, et en réaction au coup d'état en cours contre le peuple grec :


Oui, en vérité, qu'attendons nous ?

(à suivre...)

01/03/2015

Eduquer à l'anarchie


Extrait de la traduction de l'article de Susana de Castro (*) commentant l'ouvrage de Michel Weber, Eduquer (à) l'anarchie (2008) :
"C’est dans ce contexte que Whitehead crée un nouveau cadre conceptuel en systématisant les éléments basiques de ce nouveau (dés-)ordre infini, qu’il appelle « avancée créatrice ». La caractéristique basique du réel est d’être processuel et événementiel. Les événements se produisent d’une façon imprévisible et possèdent une opacité phénoménique. Mais cet état processuel des phénomènes n’est pas complètement aléatoire, car il participe à l’avancée créatrice et donc à ses trois éléments ou foncteurs : « créativité »,« efficacité » et « vision ».

Si la métaphysique des événements et du processus nous mène à la conclusion de ce que tout est imprévisible, elle justifierait l’attitude conformiste typique de notre époque apathique. Telle n’est pas,toutefois, la conclusion de l’auteur.  
Précisément parce que nous vivons dans une époque où la créativité et le changement sont ontologiquement premiers, l’action politique se fait plus nécessaire encore. L’espace politique est l’espace de l’action : Whitehead rejoint ici Arendt. L’espace auquel nous échappons est celui de la contingence et de l’aléa des phénomènes, dans la mesure où nous nous dirigeons à l’aide de leurs conséquences. C’est sur le plan de la pensée conséquentialiste, propre à l’action et à la planification politique, que nous pouvons trouver notre réalisation totale. C’est ainsi qu’éduquer à l’anarchie est éduquer à la construction d’une société post-libérale, dans laquelle il y ait une reviviscence de la citoyenneté « sacerdotale » grecque. Le citoyen grec s’éduquait non pour cultiver ses intérêts exclusivement personnels, mais afin de pouvoir poser l’action bonne dans le contexte de la polis, dans le milieu des affaires publiques, où était en jeu le bien commun. 
Les valeurs partagées par tous grâce à la formation païdeutique commune, suscitaient dans l’esprit de l’homme grec le sentiment de coappartenance, essentiel pour la vie politique. Weber prétend qu’il est urgent que nous récupérerions ce sentiment communautaire et que c’est là la tâche de l’université nouvelle, pour une société post-libérale et vraiment démocratique : l’éducation à l’anarchie."

Nous retrouvons dans ces lignes toutes les raisons qui ont conduit au propositions du Manifeste pour un Développement Agile de la Démocratie trois ans après Weber. 

(*): La version originale de ce compte rendu a été publiée dans la Revista Redescrições—Revista on line do GT de Pragmatismo e Filosofia Norte-americana, Ano I, número 1, Brasil,2009: www.redescricoes.com.

27/10/2014

Nos politiques ont-ils déjà rencontré le peuple ?


France Inter: Service Public; émission du vendredi 24 octobre 2014.

"Vers l’âge de 25 ans, en 1900, Winston Churchill rencontra pour la première fois une créature étrange, un ouvrier. Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, Franklin Delano Roosevelt connaissait déjà beaucoup de palefreniers. Ces palefreniers s’occupaient des chevaux que Roosevelt montait quand il jouait au polo. ... Mais la classe politique française demeure encore très largement une classe bourgeoise, à quelques exceptions exceptionnelles. Voilà qui passe de plus en plus mal, le refus de l’entre soi est en train de devenir aussi massif que le refus des inégalités
Comment les politiques peuvent-ils gouverner un peuple qu’ils ne connaissent pas ? La question est nouvelle, car jadis on pouvait fort bien être né coiffé et défendre ceux qui portaient casquettes, autrement dit les ouvriers. Léon Blum est la plus parfaite incarnation de cette règle. 
A force de vouloir jouer la proximité, les politiques récoltent ce qu’ils ont semé : ils doivent non seulement représenter le peuple mais aussi en être représentatifs. Laurent Fabius doit manger des carottes râpées et Jacques Chirac aime la tête de veau. Mais si notre pays semble si mal gouverné, c’est peut-être parce que nos politiques se cooptent, se produisent et se reproduisent en circuit fermé ?

 C’est peut-être cela la sixième république que certains Français appellent de leur vœu. Une république ou l’on dirait non plus, comme à Rome, senatus populusque romanus, le sénat et le peuple, mais le sénat c’est le peuple." 

La Démocratie Agile est l'instrument du futur gouvernement par le peuple, qui ne peut pas être corrompu ou détourné. L'explosion de la classe politique appellée par Jacques Julliard est en fait une dissémination et une réappropriation.