26/05/2017

Métaphysique et politique (2)

« Si l’on définit la « démocratie » comme le gouvernement du peuple par lui-même, c’est là une véritable impossibilité, une chose qui ne peut pas même avoir une simple existence de fait, pas plus à notre époque qu’à n’importe quelle autre ; il ne faut pas se laisser duper par les mots, et il est contradictoire d’admettre que les mêmes hommes puissent être à la fois gouvernants et gouvernés, parce que, pour employer le langage aristotélicien, un même être ne peut être « en acte » et « en puissance » en même temps et sous le même rapport. Il y a là une relation qui suppose nécessairement deux termes en présence : il ne pourrait y avoir de gouvernés s’il n’y avait aussi des gouvernants, fussent-ils illégitimes et sans autre droit au pouvoir que celui qu’ils se sont attribué eux-mêmes ; mais la grande habileté des dirigeants, dans le monde moderne, est de faire croire au peuple qu’il se gouverne lui-même ; et le peuple se laisse persuader d’autant plus volontiers qu’il en est flatté et que d’ailleurs il est incapable de réfléchir assez pour voir ce qu’il y a là d’impossible. C’est pour créer cette illusion qu’on a inventé le « suffrage universel » : c’est l’opinion de la majorité qui est supposée faire la loi ; mais ce dont on ne s’aperçoit pas, c’est que l’opinion est quelque chose que l’on peut très facilement diriger et modifier ; on peut toujours, à l’aide de suggestions appropriées, y provoquer des courants allant dans tel ou tel sens déterminé ; nous ne savons plus qui a parlé de « fabriquer l’opinion », et cette expression est tout à fait juste, bien qu’il faille dire, d’ailleurs, que ce ne sont pas toujours les dirigeants apparents qui ont en réalité à leur disposition les moyens nécessaires pour obtenir ce résultat. Cette dernière remarque donne sans doute la raison pour laquelle l’incompétence des politiciens les plus « en vue » semble n’avoir qu’une importance très relative ; mais, comme il ne s’agit pas ici de démonter les rouages de ce qu’on pourrait appeler la « machine à gouverner », nous nous bornerons à signaler que cette incompétence même offre l’avantage d’entretenir l’illusion dont nous venons de parler : c’est seulement dans ces conditions, en effet, que les politiciens en question peuvent apparaître comme l’émanation de la majorité, étant ainsi à son image, car la majorité, sur n’importe quel sujet qu’elle soit appelée à donner son avis, est toujours constituée par les incompétents, dont le nombre est incomparablement plus grand que celui des hommes qui sont capables de se prononcer en parfaite connaissance de cause. »
[...]
« Ceci nous amène immédiatement à dire en quoi l’idée que la majorité doit faire la loi est essentiellement erronée, car, même si cette idée, par la force des choses, est surtout théorique et ne peut correspondre à une réalité effective, il reste pourtant à expliquer comment elle a pu s’implanter dans l’esprit moderne, quelles sont les tendances de celui-ci auxquelles elle correspond et qu’elle satisfait au moins en apparence. Le défaut le plus visible, c’est celui-là même que nous indiquions à l’instant : l’avis de la majorité ne peut être que l’expression de l’incompétence, que celle-ci résulte d’ailleurs du manque d’intelligence ou de l’ignorance pure et simple ; on pourrait faire intervenir à ce propos certaines observations de « psychologie collective », et rappeler notamment ce fait assez connu que, dans une foule, l’ensemble des réactions mentales qui se produisent entre les individus composants aboutit à la formation d’une sorte de résultante qui est, non pas même au niveau de la moyenne, mais à celui des éléments les plus inférieurs. Il y aurait lieu aussi de faire remarquer, d’autre part, comment certains philosophes modernes ont voulu transporter dans l’ordre intellectuel la théorie « démocratique » qui fait prévaloir l’avis de la majorité, en faisant de ce qu’ils appellent le « consentement universel » un prétendu « critérium de la vérité » : en supposant même qu’il y ait effectivement une question sur laquelle tous les hommes soient d’accord, cet accord ne prouverait rien par lui-même ; mais, en outre, si cette unanimité existait vraiment, ce qui est d’autant plus douteux qu’il y a toujours beaucoup d’hommes qui n’ont aucune opinion sur une question quelconque et qui ne se la sont même jamais posée, il serait en tout cas impossible de la constater en fait, de sorte que ce qu’on invoque en faveur d’une opinion et comme signe de sa vérité se réduit à n’être que le consentement du plus grand nombre, et encore en se bornant à un milieu forcément très limité dans l’espace et dans le temps. Dans ce domaine, il apparaît encore plus clairement que la théorie manque de base, parce qu’il est plus facile de s’y soustraire à l’influence du sentiment, qui au contraire entre en jeu presque inévitablement lorsqu’il s’agit du domaine politique ; et c’est cette influence qui est un des principaux obstacles à la compréhension de certaines choses, même chez ceux qui auraient par ailleurs une capacité intellectuelle très largement suffisante pour parvenir sans peine à cette compréhension ; les impulsions émotives empêchent la réflexion, et c’est une des plus vulgaires habiletés de la politique que celle qui consiste à tirer parti de cette incompatibilité. »
(René Guénon, La Crise du Monde Moderne (1927), chap. VI - Le chaos social)

...[à suivre]

Métaphysique et politique (1)

« – Dans une étude intitulée What is Civilization ? Albert Schweitzer Festschrift, M. Coomaraswamy prend pour point de départ la signification étymologique des mots « civilisation » et « politique », dérivés respectivement du latin civitas et du grec polis, qui l’un et l’autre signifient « cité ». Les cités humaines doivent, suivant toutes les conceptions traditionnelles, être constituées et régies selon le modèle de la « Cité divine », qui est par conséquent aussi celui de toute vraie civilisation, et qui peut elle-même être envisagée au double point de vue macrocosmique et microcosmique. Ceci conduit naturellement à l’interprétation de Purusha comme le véritable « citoyen » (purushaya, équivalent de civis), résidant au centre de l’être considéré comme Brahmapura. »
(René Guénon, in Études Traditionnelles, 1947, Compte-rendu)

...[à suivre]

03/01/2016

Pour protéger les français dans la durée


France looks to enshrine emergency anti-terror laws in constitution.
Source : Luxemburger Wort 

Pour "protéger les français dans la durée", la modification de la constitution devrait plutôt intégrer les principes de la Démocratie Agile plutôt que d'instaurer l'Etat Permanent d'Urgence, plus honteusement appelé autocratie.

11/10/2015

On Plutocracy and the crisis of Democracy


George Scialabba wrote in Plutocratic Vistas - On America's crisis of Democracy (2012) :
"The first illusion to kill on the way to self-government is professionalism. Currently, the profession of legislators is getting re-elected. Estimates I have seen of the amount of time legislators spend raising money seem to average around 50 percent." 
He asks, summoning James Madison’s ideal :
"Is the present American national legislature an ‘exact transcript of the whole society’? The question invites ridicule. Racially, sexually, economically, and ideologically, the members of Congress more closely resemble the executive ranks of most large corporations, or the membership of most large country clubs, than they do the society as a whole." 
"Political messaging in our society is, like commercial messaging, wholly unidirectional. Voters, like consumers, exercise only an unavoidable and irreducible minimum of choice at the very end of a process from which their self-organized and unmanipulated input is entirely absent."
The intent of Agile Democracy is indeed to get rid of professional legislators, and to propose a way to define laws by an exact transcript of the whole society. A legislature by the people.

05/09/2015

La Démocratie Agile est le seul moyen d'éliminer le Bug de Talleyrand


Alain Souloumiac, expert législatif européen, a diffusé un article intéressant le 30 mars 2015: "l'énorme bug de Talleyrand". J'en cite ici de larges extraits. Cependant, je pense que cet article ne va pas assez loin dans la perception des raisons et des conséquences politiques, après avoir établi un constat du déficit démocratique européen, et de sa dérive autocratique. Car il faut commencer par le début: comment sont créées les directives européennes? Par une absence totale de l'intervention des citoyens à la Commission Européenne. Leurs représentants au Parlement sont assaillis par les lobbies industriels et sous surveillance et pression constante des agences de renseignement. De plus le bug ne s'applique pas qu'aux transpositions des directives européennes. C'est l'ensemble des lois nationales, y compris la constitution, qui sont faillibles.

 Le seul moyen d'éliminer le bug de Talleyrand c'est d'utiliser les ressorts et principes de la démocratie Agile
"Une fois identifié, le Bug peut être prévenu et réduit de sorte que l’administration de la cité puisse exécuter les lois d’une façon plus appropriée, retrouver la force et la pertinence que son action requiert" : oui, et cela ne pourra se réaliser que grâce à la démocratie Agile. Parce que toute autre tentative, pas plus que les précédentes, ne seront suivies d’effets positifs soutenus.

La crise qui agite aujourd’hui l’Europe est avant tout une crise de gouvernance. Pour une part essentielle, elle est liée au « Bug de Talleyrand ». Le nom donné à ce Bug s’inspire d’une phrase célèbre attribuée au grand Ministre du Congrès de Vienne : « Les lois, elles, on peut les violer sans qu’elles crient ». Dans l’art de gouverner, on accepte souvent de blanchir les princes en considérant que ce qui compte vraiment, c’est le résultat final. La manipulation des instruments souverains de l’Etat fait partie des moyens dont les gouvernants ont l’usage pour servir telles ou telles causes que leur bon plaisir agrée ; causes que les historiens ne parviennent parfois plus ensuite à décrypter, à travers les mémoires, préambules et conférences de presse dans lesquels leurs auteurs les ont enveloppées. C’est sans doute une des raisons qui explique que le Bug de Talleyrand n’ait pas été plus souvent dénoncé jusqu’à présent pour ce qu’il est réellement : une faute de gouvernement. 
Dans le monde global où nous sommes, les lois nationales entrent en concurrence les unes avec les autres pour attirer vers elles les investissements et les richesses. Dans la planète village où nous vivons, la qualité de la gouvernance influence d’une manière perceptible sur la qualité de vie d’une société donnée. Les désavantages résultant d’une mauvaise loi qui affecte un Etat sont également connus avec plus de précision. La maxime de Montesquieu, selon laquelle : « La loi ne doit pas être bonne parce qu’elle est loi ; la loi doit être loi parce qu’elle est bonne », prend alors tout son sens.
[Ce à quoi Demba, imam de Kerpala, Sénégal avait répondu :
"C'est bien de faire une bonne loi, mais une loi ne suffit pas, car elle ne vient pas dans ta maison pour discuter avec toi.
(Des Racines et des Ailes - reportage du 13 octobre 1999)]
Le courant démocratique qui a imprégné les traités internationaux postérieurs à la seconde guerre mondiale [...] donnent aux citoyens de nouveaux moyens pour faire valoir leurs droits, même lorsque les intérêts des dirigeants sont en cause. Les nécessités communes et les bonnes pratiques qui devraient s’imposer aux gouvernements des nations sont désormais mieux connues. Les gouvernements souverains ne décident plus seuls. Les lois créent désormais pour eux autant d’obligations que pour leurs administrés. Voire plus, compte-tenu de l’étendue des conséquences attachées à leurs décisions.

La doctrine de la transposition floue
Dans le monde global, la plupart des lois et règlements est issue de régulations globales ou du droit comparé.

Dans les recommandations qui ont permis d’édifier les Communautés européennes, « Seul, d’après Jean Monnet, comptait le résultat ». A cette époque pionnière, les Etats membres étaient libres de choisir les moyens d’atteindre le résultat demandé par une recommandation de la Commission. Il s’agissait de produire un minimum de convergence, en se gardant de recourir aux concepts de loi ou d’instruction, afin de ne pas froisser les intérêts souverains des gouvernements et de laisser ainsi libre cours à l’ingénierie politique.

On retrouve une part de cet esprit dans l’article 288 (3) du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne qui dit, à propos de la recommandation, devenue depuis directive : « La directive lie tout État membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant aux instances nationales la compétence quant à la forme et aux moyens. »

A partir de cette règle, un courant casuiste a élaboré la doctrine de la transposition floue. Selon cette doctrine, les Etats membres peuvent appliquer les directives européennes comme ils l’entendent, pour autant qu’ils s’efforcent de suivre les intentions des auteurs.

Cette interprétation explique l’absence de rigueur qui prévaut dans la mise en œuvre de ces textes pourtant revêtus de l’auctoritas des institutions européennes. Un écho extrême du modèle de la transposition floue se trouve dans différents guides d’harmonisation qui président aujourd’hui à la transposition dans les pays associés et candidats :

. « L'État qui met en œuvre ce projet de législation ne doit pas répéter verbatim la législation de l'UE, ni en suivre la structure ».
. « L’objet de l’harmonisation n’est pas une transposition mécanique des actes européens qui détruirait le système légal intérieur et les traditions et méthodes de rédaction qui DOIVENT être respectés. »
. « Il y a trois méthodes professionnelles et légalement correctes d’harmonisation que l’on peut aussi combiner ou compléter : 1. La méthode correcte et détaillée de transposition avec des réécritures partielles. 2. La transposition littérale avec la méthode couper-coller. 3. La transposition avec seulement une référence à certaines parties de l’acte européen ».

Malgré la transformation du marché commun, devenu marché unique, cette doctrine continue d’être pratiquée par plusieurs Etats européens : on harmonise les législations nationales au mieux des intérêts dits-nationaux, en s’abritant derrière la Culture Propre à sa Nation et le résultat, qu’on invente comme celui attendu par la directive, au prix parfois de dénaturations profondes.

[...]

La « valise diplomatique », avec ses attributs d’immunité auxquels souscrit parfois la presse bien-pensante, permet souvent de dissimuler ce type de bugs. On mesure l’intérêt national à l’aune des sondages, produit des images orchestrées par la classe politique elle-même ; comme ce fut le cas, par exemple, pour la directive Bolkestein. On refuse de s’interroger sur la pertinence et les conséquences du message colporté.

C’est ainsi que, même sans le vouloir tout à fait consciemment, certains Etats boguent le fonctionnement des microprogrammes que portent les directives de l’Union européenne pour organiser l’économie et l’environnement. Les gouvernants défont la nuit dans leurs capitales respectives les structures pour le marché unique qu’ils tissent le jour à Bruxelles. L’accent est mis sur la reformulation des directives, suivant le contexte spécifique de la culture nationale alors que, la qualité et le niveau d’exécution (mise en œuvre, recherche développement, formation, information, incitation, surveillance, rôle des parties prenantes, sanction..), qui seuls comptent véritablement, sont à peine abordés. 
On s’étonne que les titres toxiques d’outre-Atlantique aient pu être librement importés dans la période qui a précédé le démarrage de la crise. Les banquiers connaissaient pourtant les faiblesses de ces titres. L’exigence d’information des épargnants les obligeait à rendre ces informations publiques. La surveillance du marché prévue par la directive sur les OPCVM aurait dû amener les autorités à contrer l’attractivité des gains et prévenir la circulation des titres en question. 
L’apparition du Bug
Pour se maintenir et prospérer, le Bug de Talleyrand suppose qu’il n’y ait pas de transparence, que les sujets lésés ne disposent d’aucun recours efficace, que la doctrine casuiste soit admise par les constitutions et les cours supérieures et que le hasard et la fatalité tiennent lieu d’explication. Or, tel est de moins en moins le cas : les conditions d’obscurité et de silence permettant aux gouvernements de violer les directives sans qu’elles crient sont de moins en moins remplies et les recours en indemnité se multiplient. Le Bug de Talleyrand devient plus apparent à mesure que se développe la traçabilité numérique, qui permet de remonter aux sources, d’identifier les fautes, les responsables et d’estimer l’étendue des préjudices.

L’entrée en vigueur du Traité sur l’acte unique, le 1er juillet 1987, a permis la disparition des frontières grâce à la mise en œuvre d’exigences communes à tous les Etats pour la libre circulation des produits et services. Comme une grande partie de ces exigences essentielles est appliquée via les standards harmonisés du CEN-CENELEC, de l’ETSI et l’ISO, le marché unique a pu, malgré tout, fonctionner.

L’existence d’unicité ne s’applique cependant pas qu’aux seuls standards. Elle s’applique aussi et avant tout aux lois et règlements qui transposent les directives. C’est justement là que réside le « résultat à atteindre » dont parle l’article 288 (3). Chaque citoyen européen doit pouvoir retrouver dans chaque Etat de l’Union un droit coordonné qui lui est familier parce qu’il puise aux mêmes sources que son droit national. Seuls la forme et les moyens adoptés pour la mise en œuvre restent une responsabilité de la compétence nationale. La manière dont cette compétence est exercée détermine la qualité de l’application nationale.

Si les Etats membres ne promulguent pas un texte uniforme et s’ils ne concentrent pas leur attention, comme le demandent les directives, sur les moyens de mise en œuvre, le marché unique fonctionnera de manière imparfaite ; c’est hélas malheureusement le cas aujourd’hui, dans beaucoup de domaines.

Dans son rapport de 2007, le Conseil d’Etat rappelle que les traités européens obligent la France à reprendre verbatim toutes les dispositions relatives aux moyens normatifs. L’exigence de transposition uniforme concerne en particulier le domaine d’application, les définitions et les principes – à l’opposé des moyens de mise en œuvre dont l’efficacité repose pour une part dominante sur la participation des parties prenantes nationales.

Selon le Conseil d’Etat, le Bug de Talleyrand est non seulement illégal, 
il est i n c o n s t i t u t i o n n e l. 
La doctrine casuiste conserve cependant les faveurs de bon nombre de membres du cercle des hauts dirigeants dont elle préserve les marges de décision et qui n’hésitent pas l’alléguer haut et fort. Il arrive malheureusement aussi que cette interprétation abrite des pratiques clientélistes peu avouables. Ses conséquences pour l’économie et l’environnement européens sont extrêmement dommageables. Les intérêts, qui sont défendus dans les couloirs des Cabinets ministériels, ne jouent pas toujours en faveur de la société civile de l’Etat concerné. La majorité des parties prenantes et des managers du secteur privé est généralement hostile à ces pratiques abusives et déloyales.
Les cris provoqués par la violence faite aux lois européennes n’ont cessé de croitre ; particulièrement en France. A la veille de sa Présidence de l’Union Européenne, le Président de la République s’en est ému. Lors du Conseil des ministres de mars 2008, il a lancé un appel pour que « la France devienne exemplaire en matière de transposition des directives européennes ».

Bilan du Bug
Les propositions positives élaborées et soumises en réponse à cet appel ont été étouffées. Trois ans plus tard, à nouveau, le Ministre français des affaires européennes a pris des mesures pour endiguer les dommages de la doctrine. Afin de diminuer le montant des amendes infligés à la France par les tribunaux, qui atteignaient à l’époque les 90 millions d’euros, « il a annoncé la mise en place d’un groupe de travail » (Voir l’article paru dans EurActiv sous le titre « La France ne veut plus être le cancre de la transposition » et dont les 12 commentaires, pourtant informatifs, ont depuis été effacés).

Pas plus que les précédentes, ces mesures « incantatoires » n’ont été suivies d’effets.

Les directives ne sont souvent pas appliquées correctement. L’Union européenne manque de cohérence. [...] 
L’énormité du Bug
L’énormité du Bug tient à son pouvoir de nuisance.

L’adhésion au marché unique en 1993 de l’Autriche, de la Finlande, de l’Islande, du Lichtenstein, de la Norvège et de la Suède n’a pratiquement rien coûté à l’Union européenne. Elle a été réalisée en 12 mois seulement, grâce une méthode claire et rigoureuse et au contrôle efficace de conformité organisé par l’AELE. Ce contrôle était déjà très poussé à l’époque, à la différence de celui actuellement mis en œuvre par la Commission européenne.

Le Bug de Talleyrand est si solidement ancré dans les têtes de nos gouvernements qu’ils ont refusé d’appliquer cette nouvelle méthode au grand élargissement qui a succédé à la fondation de l’Espace Economique Européen. C’est le principe de la vieille méthode, dite de la transposition floue, qui a été appliqué pour la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la République Tchèque, la Slovaquie et la Slovénie. La procédure s’est étalée sur plus de 12 années et a coûté plus de 60 milliards d’euros au budget de l’UE (1993-2005-7).

[...]

L’intérêt du Bug est qu’il peut être tracé, circonscrit et éliminé - à condition que les autorités responsables le décident. [...]
[les citoyens sont l'autorité responsable suprême quand ils sont animés par la Démocratie Agile]
Gouverner c’est choisir. C’est énoncer les exigences de la collectivité et mettre en œuvre les moyens pour les satisfaire. Avec le Bug, un gouvernement « normal » devient impossible. L’application d’aucune loi n’est garantie avec certitude : face à la crise, plutôt que de relancer l’investissement par des protections et des exigences appropriées, nos gouvernements continuent à satisfaire leurs clientèles à coup de déficits, qui sont de plus en plus abyssaux et qui sont maintenant financés par de la fausse monnaie. Aucune justice ne peut et ne pourra entériner ces développements du Bug de Talleyrand, qui, nous le savons pertinemment, conduisent à la guerre.

L’énormité du Bug de Talleyrand réside en ce qu’il trahit tout à la fois le sens du travail humain, la protection de la planète et la paix des nations. Dans l’état de droit, il n’y pas de place pour la casuistique, fut-elle « souveraine ». La seule souveraineté recevable est celle de la liberté et certainement pas le bon plaisir du ministre ou la faveur du fonctionnaire en place.

*
* *
Il importe que chaque citoyen et que chaque citoyenne demandent des comptes à ses gouvernants, comme le contrat social les y autorise. Qu’ils utilisent la liberté de la presse pour informer leurs concitoyens et concitoyennes de la réalité du Bug chaque fois qu’ils ou elles le rencontrent et qu’ils ou elles lancent tous les recours nécessaires pour faire cesser au plus vite ce virus qui trompe, bloque et désagrège la société civile. 

Il faudra sans doute, comme s’y préparent certains dès aujourd’hui, que les parlements nationaux votent les lois nécessaires pour que le passé fâcheux, déjà enregistré et progressivement mis à jour, puisse être apuré dans des conditions honorables.
[en utilisant les principes de la Démocratie Agile.]
Ainsi, il est permis d’espérer que les peuples, retrouvant la confiance indispensable à la mise en œuvre harmonieuse du contrat social, engagent avec force les innovations que les nouvelles exigences sociétales du monde requièrent et marchent avec courage, cohérence et convergence sur les immenses routes [ouvertes] à la création et au travail humain.

15/07/2015

Défaite de la langue, défaite de la pensée politique par Alain Bentolila

[Article paru dans Marianne daté du 2 juillet. J'ai rajouté les liens.]
Lorsqu'un responsable politique renonce à transmettre, avec distance et rigueur, des analyses sérieuses et des propositions réfléchies pour s'abandonner à la parodie médiocre, aux allusions nauséabondes et aux mots d'ordre, il contribue au délitement de l'intelligence collective. Les Français détestent que leurs hommes politiques singent un langage qu'ils croient populaire. Ils savent détecter toute la démagogie et tout le mépris que révèlent des choix linguistiques réduits, censés être adaptés à leur niveau supposé.
Dès l'instant où la communication devient trop difficile, dès l'instant où l'autre manifeste son désaccord, le populiste est à court d'explication, d'analyse et d'argumentation et se laisse aller à l'insulte et à l'anathème. C'est ainsi que notre ancien président, comme notre actuel Premier ministre, au lieu de respectivement combattre ou défendre la réforme des programmes scolaires sur la base d'une analyse critique ferme et juste, s'en prennent l'un à « l'infinie médiocrité de la ministre de l'Education », l'autre au« cynisme honteux d'intellectuels réactionnaires ».
Le populiste ne reçoit pas le désaccord ou la contradiction comme un message qu'il devrait se donner le temps et la peine de décrypter, d'interpréter et surtout auquel il lui faudrait apporter une réponse respectueuse et audible. Il applique la règle : « pas d'accord » = « médiocre », « menteur » et même « pauvre con ! » ou « facho ! ». Il vilipende ainsi ses opposants bien sûr, mais aussi ses amis politiques qu'il fera huer pour mieux goûter les applaudissements de ses propres zélateurs. De tels comportements sont en politique le pire des renoncements.
Alors que la parole politique devrait s'inscrire dans un dialogue exigeant sans s'y pervertir, elle ne sert souvent qu'à donner une illusion de vie à un pantin populiste qui s'agite sur les tréteaux en ayant perdu la conscience de ce qu'il dit, de ce qu'il veut et de Ne nous étonnons pas que plus de la moitié de nos concitoyens ne prennent plus part à la vie politique. C'est le vide terrifiant de la parole et de la pensée politique qui les décourage et les humilie.ce qu'il est. Il a oublié ce qui fait un homme ou une femme d'Etat : la volonté de rassembler au-delà de son cercle d'affidés, le courage de s'adresser à ceux qui ne pensent pas comme lui, qui n'ont pas les mêmes convictions, non pas pour les séduire, mais pour se faire comprendre au plus juste et les comprendre au mieux. Le discours populiste est aujourd'hui asservi au bricolage d'une image jamais achevée d'un homme dont la personnalité se dilue à force d'inconstance, dont les mots se défont à force de reniements. Cet affront fait au verbe et à l'intelligence a eu pour effet, depuis des décennies, de confier l'essentiel de l'action politique à un quarteron de conseillers en communication, fils ou petits-fils de pub, qui ont les uns après les autres convaincu des prétendants crédules et fragiles qu'ils pouvaient les faire naître tous les matins avec une personnalité renouvelée, façonnée par un nouveau discours.
Dans la bataille électorale que certains ont décidé de lancer précocement, quels seront les hommes d'Etat capables de parler à ceux qu'ils n'aiment pas - et qui le leur rendent bien - en refusant un instant, un instant seulement, la tentation délicieuse du refus de l'autre ? Quels sont ceux qui sauront dire aux parents ce qu'ils comptent faire dès l'enfance pour que le développement de leurs enfants ne soit pas abîmé ? Dire le soin qu'ils prendront de leur formation intellectuelle et morale ? Dire le souci qu'ils auront de les préparer à une heureuse insertion sociale et professionnelle ?
Ne nous étonnons pas que plus de la moitié de nos concitoyens, certes parfois ponctuellement séduits par l'excès ou le pittoresque du comportement populiste, ne prennent plus part à la vie politique. Ce n'est pas tant le doute sur la vérité de ce qu'on leur dit ni les soupçons sur l'honnêteté de ceux qui leur parlent qui motivent ce désamour ; c'est bien plus le vide terrifiant de la parole et de la pensée politique qui les décourage et les humilie.

14/07/2015

Contre l'autocratisme de l'UE


Conclusion de ma discussion politique du 14 Juillet, et en réaction au coup d'état en cours contre le peuple grec :


Oui, en vérité, qu'attendons nous ?

(à suivre...)

01/03/2015

Eduquer à l'anarchie


Extrait de la traduction de l'article de Susana de Castro (*) commentant l'ouvrage de Michel Weber, Eduquer (à) l'anarchie (2008) :
"C’est dans ce contexte que Whitehead crée un nouveau cadre conceptuel en systématisant les éléments basiques de ce nouveau (dés-)ordre infini, qu’il appelle « avancée créatrice ». La caractéristique basique du réel est d’être processuel et événementiel. Les événements se produisent d’une façon imprévisible et possèdent une opacité phénoménique. Mais cet état processuel des phénomènes n’est pas complètement aléatoire, car il participe à l’avancée créatrice et donc à ses trois éléments ou foncteurs : « créativité »,« efficacité » et « vision ».

Si la métaphysique des événements et du processus nous mène à la conclusion de ce que tout est imprévisible, elle justifierait l’attitude conformiste typique de notre époque apathique. Telle n’est pas,toutefois, la conclusion de l’auteur.  
Précisément parce que nous vivons dans une époque où la créativité et le changement sont ontologiquement premiers, l’action politique se fait plus nécessaire encore. L’espace politique est l’espace de l’action : Whitehead rejoint ici Arendt. L’espace auquel nous échappons est celui de la contingence et de l’aléa des phénomènes, dans la mesure où nous nous dirigeons à l’aide de leurs conséquences. C’est sur le plan de la pensée conséquentialiste, propre à l’action et à la planification politique, que nous pouvons trouver notre réalisation totale. C’est ainsi qu’éduquer à l’anarchie est éduquer à la construction d’une société post-libérale, dans laquelle il y ait une reviviscence de la citoyenneté « sacerdotale » grecque. Le citoyen grec s’éduquait non pour cultiver ses intérêts exclusivement personnels, mais afin de pouvoir poser l’action bonne dans le contexte de la polis, dans le milieu des affaires publiques, où était en jeu le bien commun. 
Les valeurs partagées par tous grâce à la formation païdeutique commune, suscitaient dans l’esprit de l’homme grec le sentiment de coappartenance, essentiel pour la vie politique. Weber prétend qu’il est urgent que nous récupérerions ce sentiment communautaire et que c’est là la tâche de l’université nouvelle, pour une société post-libérale et vraiment démocratique : l’éducation à l’anarchie."

Nous retrouvons dans ces lignes toutes les raisons qui ont conduit au propositions du Manifeste pour un Développement Agile de la Démocratie trois ans après Weber. 

(*): La version originale de ce compte rendu a été publiée dans la Revista Redescrições—Revista on line do GT de Pragmatismo e Filosofia Norte-americana, Ano I, número 1, Brasil,2009: www.redescricoes.com.

27/10/2014

Nos politiques ont-ils déjà rencontré le peuple ?


France Inter: Service Public; émission du vendredi 24 octobre 2014.

"Vers l’âge de 25 ans, en 1900, Winston Churchill rencontra pour la première fois une créature étrange, un ouvrier. Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, Franklin Delano Roosevelt connaissait déjà beaucoup de palefreniers. Ces palefreniers s’occupaient des chevaux que Roosevelt montait quand il jouait au polo. ... Mais la classe politique française demeure encore très largement une classe bourgeoise, à quelques exceptions exceptionnelles. Voilà qui passe de plus en plus mal, le refus de l’entre soi est en train de devenir aussi massif que le refus des inégalités
Comment les politiques peuvent-ils gouverner un peuple qu’ils ne connaissent pas ? La question est nouvelle, car jadis on pouvait fort bien être né coiffé et défendre ceux qui portaient casquettes, autrement dit les ouvriers. Léon Blum est la plus parfaite incarnation de cette règle. 
A force de vouloir jouer la proximité, les politiques récoltent ce qu’ils ont semé : ils doivent non seulement représenter le peuple mais aussi en être représentatifs. Laurent Fabius doit manger des carottes râpées et Jacques Chirac aime la tête de veau. Mais si notre pays semble si mal gouverné, c’est peut-être parce que nos politiques se cooptent, se produisent et se reproduisent en circuit fermé ?

 C’est peut-être cela la sixième république que certains Français appellent de leur vœu. Une république ou l’on dirait non plus, comme à Rome, senatus populusque romanus, le sénat et le peuple, mais le sénat c’est le peuple." 

La Démocratie Agile est l'instrument du futur gouvernement par le peuple, qui ne peut pas être corrompu ou détourné. L'explosion de la classe politique appellée par Jacques Julliard est en fait une dissémination et une réappropriation.

24/09/2014

Votons pour des lois, pas pour des représentants.


 "Le problème, c'est notre démission du processus constituant."


...combien ont pensé à regarder d’un peu plus près la constitution de la cinquième république, celle que nous ne connaissons que si peu, voire pas du tout? Alors que c’est celle-ci qui fixe « les règles du jeu » dans le pays, celle-ci devant être respectée et appliquée quel que soit le contexte, sans possibilités de dérogation, quel que soit le parti ou les enjeux.
Chacun peut la consulter sur le site du conseil constitutionnel, et en voici quelques points qui méritent réflexion…
Drapeau français
  • Article 3: La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum.  Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.
  • Article 4: Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.
  • Article 5: Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités.
Notre président ainsi que les précédents se doivent de respecter la constitution, ainsi que le principe de souveraineté nationale. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités. Partant de ce principe, pouvons-nous réellement penser que l’Union Européenne est compatible avec la souveraineté du pays? Sachant que, pour reprendre les propos de Viviane Reding, les lois nationales des pays de l’Union Européenne sont décidées à 80% par Bruxelles, il ne nous reste donc théoriquement 20% de pouvoir décisionnel, en partant du principe que le parlement européen n’entrave pas les décisions politiques dans le pays en question.
N’avons-nous jamais été menacé de sanctions, financières ou autres, pour une décision qui ne convenait pas aux parlement ou aux lobbys qui sévissent là-bas?
Quand au bon fonctionnement des pouvoirs publics, entre les délocalisations des services, les endettements voulus des institutions avec des prêts parfois reconnus comme toxiques et illégaux, la mise en place de l’accord TISA et les privatisations à outrance, on se demande si la continuité à long terme est possible, du moins, de la manière dont nous l’avons connu…
Quand à l’indépendance nationale et à l’intégrité du territoire… Nous sommes dans l’Union Européenne, celle-ci ayant été créée pour finir avec la mise en place d’un accord de libre-échange dangereux en tout point. Le seul traité qui actuellement est respecté même s’il n’est pas encore totalement appliqué, c’est le traité transatlantique, cela le plus discrètement possible afin que les citoyens ne s’insurgent pas en masse contre celui-ci.
[extrait d'un article sur Les moutons enragés.fr]

19/04/2014

Willy Brandt: « Il faut corriger la démocratie en osant davantage de démocratie. »



« Les problèmes économiques de l’Europe sont dus au fait que les systèmes politiques de la périphérie méridionale ont été instaurés suite à la chute de dictatures, et sont restés marqués par cette expérience. Les Constitutions affichent une forte influence des idées socialistes, et en cela, elles reflètent la grande force politique atteinte par les partis de gauche après la défaite du fascisme, » poursuit la banque d’affaires.
Plus loin dans le même document, le propos se fait plus précis encore :
« Les systèmes politiques et constitutionnels des pays du Sud présentent le caractéristiques suivantes : des exécutifs faibles vis-à-vis des parlements, des gouvernements centraux faibles par rapport aux régions, la protection constitutionnelle des droits du travailleur, des techniques de construction du consensus fondées sur le clientélisme, le droit de protester si les changements sont indésirables. La crise a illustré les conséquences auxquelles ces caractéristiques peuvent amener. Les pays de la périphérie ont obtenu des succès seulement partiels sur le chemin des réformes économiques et fiscales, et nous avons vu que les exécutifs étaient limités dans leurs actions par les constitutions (Portugal), par les autorités locales (Espagne), et par le succès croissant des partis populistes (Italie et Grèce). »
En résumé, la banque JP Morgan nous dit ceci : libérez-vous au plus vite de vos constitutions antifascistes.
« L’idée d’un État où les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires appartiennent à des organes différents et que nous sommes tous égaux devant la loi commence a être mal vue par les classes dominantes en ce XXIe siècle. Ce sont surtout les Constitutions nées de la résistance qui sont mal vues. En particulier celles des pays du Sud de l’Europe : Italie, Grèce, Espagne, Portugal, » dénonce le juriste Franco Cordero.
Pour l’économiste Emiliano Brancaccio : « Plus le pouvoir du Parlement est grand, plus il est difficile de redimensionner l’État social. Une orientation inverse vise au contraire à redistribuer le revenu en favorisant le profit et les revenus, et certainement pas à une modernisation du pays. Dans la Constitution italienne comme dans toutes celles "antifascistes", existent des règles qui prévoient la protection de la propriété privée, laquelle peut être expropriée pour des raisons d’utilité publique. Les institutions financières ont souvent intérêt à réaliser des acquisitions de capitaux nationaux à l’étranger, et elles ont donc intérêt à garantir que la propriété du sujet étranger qui fait l’acquisition est totalement protégée. Avec ces Constitutions, le sujet étranger qui acquiert souvent à prix cassés les capitaux nationaux de pays en difficulté n’est pas totalement protégé, car il pourrait être exproprié. Derrière le mot magique "modernisation", souvent prononcé par JP Morgan, se cache donc la protection des intérêts de ceux qui voudraient venir faire leur shopping bon marché en Italie et dans les autres pays périphériques de l’Union européenne. »
L’ex-Chancellier allemand social-démocrate Willy Brandt a écrit : « Il faut corriger la démocratie en osant davantage de démocratie. »

auteur: Franco Fracassi 
extrait de l'article publié le 10 avril 2014 sur popoff.globalist.it
Traduction en français : IlFattoQuotidiano.fr
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Nous avons osé proposer les principes de la Démocratie Agile pour corriger la démocratie, pour permettre à chaque échelle de construire davantage de démocratie, comme remède ultime contre le fascisme.

07/04/2014

Combler le vide stratégique

Ecoutez cette interview sur Xerfi Canal de Philippe Baumard, Professeur des universités à Aix-Marseille Université et chercheur au sein de la chaire Innovation & Régulation des services numériques de l'École Polytechnique.


Pourrait-on imaginer titre plus explicite que celui de « vide stratégique » ? Assurément non. On doit donc être reconnaissant à Philippe Baumard, figure emblématique de la discipline de l’intelligence économique d’avoir aussi clairement mis les mots sur nos maux actuels.
 Ce serait donc l’incompétence des élites qui serait l’un des facteurs explicatifs déterminants de la crise que nous vivons depuis bientôt 7 ans… si ce n’est plus.

Une interview menée par Jean-Philippe Denis.

[MAJ 20/11/2016]
Très intéressant prolongement de ce livre, avec cette conférence du même auteur:http://www.xerfi-precepta-strategiques-tv.com/emission/Philippe-Baumard-Le-vide-strategique-et-l-incertitude-vitale_3022.html

03/04/2014

Agile Democracy is the ultimate political solvent to establish the new freedom


"The only way that government is kept pure is by keeping these channels open, so that nobody may deem himself so humble as not to constitute a part of the body politic, so that there will constantly be coming new blood into the veins of the body politic; so that no man is so obscure that he may not break the crust of any class he may belong to, may not spring up to higher levels and be counted among the leaders of the state. Anything that depresses, anything that makes the organization greater than the man, anything that blocks, discourages, dismays the humble man, is against all the principles of progress. When I see alliances formed, as they are now being formed, by successful men of business with successful organizers of politics, I know that something has been done that checks the vitality and progress of society. Such an alliance, made at the top, is an alliance made to depress the levels, to hold them where they are, if not to sink them; and, therefore, it is the constant business of good politics to break up such partnerships, to re-establish and reopen the connections between the great body of the people and the offices of government.
To-day, when our government has so far passed into the hands of special interests; to-day, when the doctrine is implicitly avowed that only select classes have the equipment necessary for carrying on government; to-day, when so many conscientious citizens, smitten with the scene of social wrong and suffering, have fallen victims to the fallacy that benevolent government can be meted out to the people by kind-hearted trustees of prosperity and guardians of the welfare of dutiful employees,—to-day, supremely, does it behoove this nation to remember that a people shall be saved by the power that sleeps in its own deep bosom, or by none; shall be renewed in hope, in conscience, in strength, by waters welling up from its own sweet, perennial springs. Not from above; not by patronage of its aristocrats. [...] 
Politics in America is in a case which sadly requires attention. The system set up by our law and our usage doesn't work,—or at least it can't be depended on; it is made to work only by a most unreasonable expenditure of labor and pains. The government, which was designed for the people, has got into the hands of bosses and their employers, the special interests. An invisible empire has been set up above the forms of democracy. [...]
The masters of the government of the United States are the combined capitalists and manufacturers of the United States. It is written over every intimate page of the records of Congress, it is written all through the history of conferences at the White House, that the suggestions of economic policy in this country have come from one source, not from many sources. [...]

Shall we try to get the grip of monopoly away from our lives, or shall we not? Shall we withhold our hand and say monopoly is inevitable, that all that we can do is to regulate it? Shall we say that all that we can do is to put government in competition with monopoly and try its strength against it? Shall we admit that the creature of our own hands is stronger than we are? We have been dreading all along the time when the combined power of high finance would be greater than the power of the government. Have we come to a time when the President of the United States or any man who wishes to be the President must doff his cap in the presence of this high finance, and say, "You are our inevitable master, but we will see how we can make the best of it?"
We are at the parting of the ways. We have, not one or two or three, but many, established and formidable monopolies in the United States. We have, not one or two, but many, fields of endeavor into which it is difficult, if not impossible, for the independent man to enter. We have restricted credit, we have restricted opportunity, we have controlled development, and we have come to be one of the worst ruled, one of the most completely controlled and dominated, governments in the civilized world—no longer a government by free opinion, no longer a government by conviction and the vote of the majority, but a government by the opinion and the duress of small groups of dominant men.
If the government is to tell big business men how to run their business, then don't you see that big business men have to get closer to the government even than they are now? Don't you see that they must capture the government, in order not to be restrained too much by it? Must capture the government? They have already captured it. Are you going to invite those inside to stay inside? They don't have to get there. They are there. Are you going to own your own premises, or are you not? That is your choice. Are you going to say: "You didn't get into the house the right way, but you are in there, God bless you; we will stand out here in the cold and you can hand us out something once in a while?"
At the least, under the plan I am opposing, there will be an avowed partnership between the government and the trusts. [...] 
There is no hope to be seen for the people of the United States until the partnership is dissolved." 
(T.W. Wilson, 28th President of the US, 1856 – 1924 ; The New Freedom: A Call for the Emancipation of the Generous Energies of a People, 1913)

Agile Democracy is the ultimate political solvent. It is eau régale.

22/03/2014

Money Laundering And Sausages: The Making Of EU Laws

KOEN ROOVERS : Last Tuesday week, MEPs overwhelmingly voted in favour of public disclosure of the real owners of companies, trusts, and other businesses operating in the EU, aiming to curtail money laundering. How? Here's our step-by-step guide to European law-making.

There’s an old saying that the legislative process is a lot like making sausages – it’s confusing, messy, and you don’t really want to know how it’s done.
The European institutions in Brussels, the butcher shop in this case, decide how laws are drafted, changed, and combined to reach a final outcome. My colleagues and I followed this process, as European and national legislators debated revisions to European anti-money laundering rules.
[...]

In order for those negotiations to be successful, a majority of European governments need to be supportive of public registers for beneficial ownership. The UK and France have openly petitioned for public registers in the past, but other influential member states, like Germany, the Netherlands, and Sweden, have argued for more ‘flexible’ approaches for member states to achieve beneficial ownership transparency. Given Germany’s voting cloud in Council, an agreement on the basis of the European Parliament’s proposal without a change in its government’s position seems difficult to achieve.
The big question that therefore remains is whether the sausage that the European Parliament has prepared will turn out to be a Berliner Currywurst too.
My comment:
The big solution would be to "eat your own dog food". That is, for the civil society gathering the EU citizens to write themselves the law, and to let EU Parliament to vote it (or not), but without changing any word in the text. 
This is what the Agile Democracy's principles aim for.


16/03/2014

La démocratie Agile contre la pathologie du secret


Article d'Eric Alt (Vice-président d'Anticor, association de lutte contre la corruption ) publié dans Le Monde, 14/03/2014.

Un an après l'affaire Cahuzac, vingt ans après l'affaire Urba sur le financement du PS, tout se passe comme si rien n'avait changé. Les faits de corruption à droite révélés ces derniers jours s'ajoutent à de nombreux dossiers en cours. Ils n'ont de particulier que leur soudaine accumulation. Au-delà de l'arrogance, de l'hypocrisie ou du déni, des constantes peuvent être observées : l'insuffisance des règles sur le financement de la vie politique, le culte du secret, les attaques contre les magistrats.
Pour remédier à ces dérives, des lois ont été adoptées de 1988 à 2013. Pourtant, les échappatoires à cette législation restent nombreuses. Il suffit pour s'enconvaincre de lire les rapports de la Commission des comptes de campagne et du financement de la vie politique. Le nombre de partis enregistrés est à lui seul un indicateur d'alerte : ils étaient 402 au 30 juin 2013.
Autre constante : la pathologie du secret. Comme si le scandale n'était pas dans les infractions elles-mêmes, mais dans leur dévoilement. Des avocats s'indignent contre des intrusions de la justice dans leurs cabinets. Pourtant, la violation des règles de procédure relève des juridictions d'appel et de cassation, et les fautes déontologiques, des magistrats du Conseil supérieur de la magistrature. Les avocats n'ont pas besoin de se constituer en lobby pour convaincre de l'importance du secret des correspondances avec leurs clients. A trop en faire, ils risquent le discrédit, si les atteintes portées à ce secret, qui n'est pas absolu, sont justifiées.
Les affaires révèlent un secret de la défense nationale bien gardé, qui autorise nombre d'abus. La France est un des seuls pays de l'UE où un ministre décide discrétionnairement ce qui doit rester secret et ce qui peut être divulgué à la justice. La France est aussi le seul pays où le ministre du budget décide de la fraude fiscale qui sera poursuivie en justice. Le procureur financier est dépendant en ce domaine. Cela entachera de soupçon le traitement du volet fiscal de ses dossiers.
Le secret des paradis fiscaux et judiciaires facilite la corruption. Mais la société Bygmalion n'a pas le monopole des montages financiers alambiqués et de l'usage de places financières opaques. Chaque année, 60 à 80 milliards échappent à l'impôt en France pour être placés dans ces territoires. Les leçons du rapport parlementaire de MM. Boquet et Dupont-Aignan comme des études de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur l'érosion fiscale tardent à être tirées. Enfin, les attaques contre la justice sont récurrentes. Un ministre a qualifié une perquisition dans l'affaire Urba de « cambriolage judiciaire ». Un ancien conseiller de M. Sarkozy a estimé que le juge qui avait mis en examen l'ancien président avait « déshonoré la justice ». Le soupçon d'instrumentalisation partisane est fréquent dans ce type de dossiers.

DES CITADELLES D'IMPUNITÉ
Certes, la ministre de la justice n'entrave plus les enquêtes, ayant mis fin aux pratiques d'intervention de ces dix dernières années. Cela peut expliquer en partie l'accumulation d'affaires. Une certaine oligarchie avait profité de l'affaiblissement de la justice pour construire des citadelles d'impunité, aujourd'hui attaquées. Des juges d'instruction et des procureurs sont mis en cause. Mais l'enlisement de la réforme constitutionnelle, qui devait améliorer le statut du parquet, n'honore pas la classe politique. Sans garantie en matière de nomination et de discipline des procureurs, le soupçon persistera. Dans les dossiers sensibles, le ministère de la justice demande toujours aux parquets des informations diligentes. L'opposition peut s'interroger sur l'usage qui en est fait.
La crise rend plus obscène l'esprit de corruption. En Espagne, en Italie, en Grèce, l'exaspération face au délitement de la probité publique a été à l'origine de manifestations. Il ne faut pas sous-estimer la part de cette exaspération dans les événements d'Ukraine. L'Eurobaromètre sur la corruption, paru en février, révèle une société de défiance : 51 % des Français pensent que la corruption a augmenté ces trois dernières années, 68 % qu'elle est répandue dans le pays, 70 % que les partis sont corrompus.
Une nouvelle donne s'impose pour que le citoyen se sente à nouveau représenté par ceux qu'il élit. Dans une Ve République crépusculaire, la démocratie et la justice du XXIe siècle restent à construire. La Déclaration des droits de l'homme de 1789 affirme que « l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements ». Les droits qu'elle proclame sont autant de remèdes aux pathologies de la démocratie : égalité devant la loi et devant l'impôt, séparation des pouvoirs, droit de demander compte de leur administration aux agents publics. A nous, citoyens, de revenir à ces fondamentaux pour combler le gouffre entre les principes et leur application.

Et je complète:
Le meilleur moyen de contrôle démocratique pour combler le gouffre entre les principes et leur application est que les lois ne soient rédigées que par les citoyens assemblés suivant les principes de la Démocratie Agile. L'insuffisance des règles sur le financement de la vie politique, le culte du secret, seront alors pris à rebourd, balayés par la transparence.
La Démocratie Agile, c'est la démocratie et la justice pour l'esprit européen du XXIème siècle.

07/03/2014

NSA gave instruction to governments on how to degrade the legal protections of our countries - Agile Democracy is the only antidote

Edward Snowden testimony before the European Parliament explains us why western governments are not vehement against the US administration because of the NSA mass surveillance programs:
One of the foremost activities of the NSA's FAD, or Foreign Affairs Division, is to pressure or incentivize EU member states to change their laws to enable mass surveillance. Lawyers from the NSA, as well as the UK's GCHQ, work very hard to search for loopholes in laws and constitutional protections that they can use to justify indiscriminate, dragnet surveillance operations that were at best unwittingly authorized by lawmakers. These efforts to interpret new powers out of vague laws is an intentional strategy to avoid public opposition and lawmakers’ insistence that legal limits be respected, effects the GCHQ internally described in its own documents as "damaging public debate." 
In recent public memory, we have seen these FAD "legal guidance" operations occur in both Sweden and the Netherlands, and also faraway New Zealand. Germany was pressured to modify its G-10 law to appease the NSA, and it eroded the rights of German citizens under their constitution. Each of these countries received instruction from the NSA, sometimes under the guise of the US Department of Defense and other bodies, on how to degrade the legal protections of their countries' communications. The ultimate result of the NSA's guidance is that the right of ordinary citizens to be free from unwarranted interference is degraded, and systems of intrusive mass surveillance are being constructed in secret within otherwise liberal states, often without the full awareness of the public. 
Once the NSA has successfully subverted or helped repeal legal restrictions against unconstitutional mass surveillance in partner states, it encourages partners to perform “access operations.” Access operations are efforts to gain access to the bulk communications of all major telecommunications providers in their jurisdictions, normally beginning with those that handle the greatest volume of communications.
Thus these governments have certainly betrayed our trust since years or decades.

Such erosion of the citizens' Rights would have been impossible under an Agile Democracy regime, because any modification of the laws would have been written and reviewed by the civil society, not by corrupted persons acting in secret.
When do these persons will be named traitors? This is how democracies are failing and dying.

The principles of Agile Democracy are an antidote to rejuvenate old western democracies.

02/03/2014

La dérive néo-conservatrice de la politique française

2013 aura vu le virage néo-conservateur du gouvernement Hollande, sur les deux axes classiques de pénétration de cette idéologie insidieusement amenée par un parti de "gauche": la politique intérieure, et la politique extérieure. Celle-ci fait désormais la quasi-unanimité au Parlement, et constitue un renforcement des tendances néolibérales déjà à l'oeuvre en 2012.

Il s'est passé exactement le même processus au sein des élites politiques américaines au moins depuis le début des années 1950, ce qui a entraîné une irréversible érosion de la réalité démocratique, c'est à dire du gouvernement dans l'intérêt du peuple.

Une idéologie ne vit que pour son expansion, précédant et accompagnant l'expansion impérialiste. Il est inévitable qu'elle se soit exportée dans tous les pays alliés des Etats-Unis (c'est à dire depuis 1945: des pays vassaux si on excepte la période gaulliste en France). Et c'est pour cela que les pratiques anti-démocratiques, anti-constitutionnelles sont copiées ou même partagées entre ces pays. Nous voulons ici parler notamment des systèmes de surveillance de la population, des collaborations entre plusieurs services de surveillance des pays membres de l'UE avec la NSA, et très logiquement des très faibles protestations des gouvernements de l'UE envers les USA sur ses pratiques d'espionnage contre les populations européennes.

Le camp dit occidental ne se limite pas à l'OTAN et aux partis de droite, il trouve ses limites dans la contamination des esprits et l'auto-sélection endogame des décideurs, quelle que soit la couleur du parti. Démocrates ou républicains, PS ou UMP, c'est désormais un jeu de dupes pour des électeurs dans un système politique de représentation poussé à son extrême: le simulacre.

Qu'on en juge sur les actes récents du gouvernement Ayrault, du Président Hollande et du Parlement :
- par la poursuite des sanctions contre l'Iran ;

- par l'absence de droit d'asile accordé à Edward Snowden ; Ce dernier nous a explicitement rappelé "qu'aucun Etat n’a de fondement légal pour limiter ce droit d’asile ou s’en mêler. Cependant, comme nous l’avons vu, certains gouvernements d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord ont montré qu’ils étaient disposés à agir hors de tout cadre légal, et ce comportement persiste aujourd’hui."

- par l'interdiction sans précédent de survol de la France obligeant l'avion du Président Morales a atterrir puis à être fouillé à Vienne, qui a jeté un profond discrédit sur la parole du président François Hollande ;

- par la publication officielle d'un rapport mensonger servant à crédibiliser l'intervention armée de la France contre la Syrie, c'est à dire visant à tromper le peuple français ;

- avec l'adoption de l'article 20 de la loi de programmation militaire similaire à ce qu'autorise l'interprétation - jusqu'à il y a peu: secrète - de la section 215 du Patriot Act ;

- avec l'organisation par le Parlement de l'absence de renvoi de cette loi devant le Conseil Constitutionnel ;
Il ne faut voir ici qu'une manoeuvre de plus  par nos propres législateurs pour éroder le Droit français et la protection des citoyens. Comme l'a expliqué Edward Snowden en témoignant devant le Parlement Européen :
"these [western] countries received instruction from the NSA, sometimes under the guise of the US Department of Defense and other bodies, on how to degrade the legal protections of their countries' communications. The ultimate result of the NSA's guidance is that the right of ordinary citizens to be free from unwarranted interference is degraded, and systems of intrusive mass surveillance are being constructed in secret within otherwise liberal states, often without the full awareness of the public." 
- avec le voyage d'allégeance de Hollande chez son suzerain américain et son refus de l'invitation de Poutine à la cérémonie d'ouverture des J.O. (c'est exactement comme si il avait répondu: "je peux pas j'ai piscine"), et sa perte cette fois totale de crédibilité par la minimisation de l'oppression de la NSA sur la liberté des peuples européens ; 

- par le coup d'Etat fomenté par des partis néo-nazis ukrainiens soutenus par les USA et par l'UE qui a reconnu immédiatement le "gouvernement de transition" mais qui tarde énormément à soutenir l'annonce d'une enquète internationale pour l'affaire "Sniper Gate". Rappelons que la mort de ces personnes a été utilisée pour précipiter la prise du pouvoir à Kiev ; 

Les alternatives restantes pour le peuple français face à ce système de tromperie sont donc:
- soit une montée forte des partis aux extrêmes de la représentation politique, avec le risque historique d'une perçée de l'extrême-droite dans une logique de dérive ukrainienne ; c'est sans nul doute le but ultime des néo-conservateurs américains qui sont habitués depuis les années 30 à soutenir ce type de régime, qui in fine agissent contre leurs propres citoyens ;
- soit un recours aux principes proposés pour la Démocratie Agile.

L'essence de l'idéologie néo-conservatrice est d'être anti-démocratique, c'est-à-dire contre la liberté des citoyens. Elle utilise le hacking politique rendu possible par le système de représentation. La Démocratie Agile est son exact contraire. En termes de pharmacologie, c'est même un antidote souverain contre toutes les dérives et les engrenages totalitaristes qui suivent inévitablement l'instauration des régimes politiques d'idéologie extrêmes.